Catégories
Fenêtres sur le Japon 2025-2026 Orléans Prochaines projections

L’Autre Hiroshima : Les victimes coréennes de la bombe A racontent leur histoire [もうひとつのヒロシマ 아리랑(アリラン)のうた], de PARK Soo-nam

Projection le 4 mars 2026 (Orléans)

Projection mercredi 4 mars à 9 h 30 au cinéma Les Carmes (7 Rue des Carmes, 45000 Orléans). La séance sera suivie d’une discussion avec Mathis Raussin, étudiant en Master Langues et Sociétés, parcours Traduction et communication multilingue à l’université d’Orléans, ayant réalisé le sous-titrage français du film ; et Shimosakai Mayumi, maîtresse de conférences en études japonaises à l’université d’Orléans et spécialiste de la question des Coréens zainichi.

Données techniques

Titre original : Mō hitotsu no Hiroshima – Ariran no uta [もうひとつのヒロシマーアリランのうた]
Réalisatrice : PARK Soo-nam [パク・スナム ou 朴壽南]
Année : 1986
Durée : 58 min.
Pays : Japon
Langue : japonais et coréen
Sous-titres : français (par Mathis Raussin) – Sous-titres réalisés dans le cadre de la formation du Master Langues et Sociétés, parcours Traduction et communication multilingue à l’université d’Orléans
Image : ŌTSU Kōshirō 大津幸四郎, HOSHINO Kin.ichi 星野欣一
Montage : TOMIZUKA Ryōichi 富塚良一
Son : KATTŌ Isamu 甲藤勇
Musique : HARA Masami 原正美
Production : Aoyama Kikaku (Yi Hae-son 李海先), Comité de production La chanson Arirang

Synopsis

Documentaire pionnier, L’Autre Hiroshima : La chanson Arirang met pour la première fois en lumière la réalité longtemps occultée des Coréens victimes des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki. Estimées à près de 100 000 personnes, ces victimes ont été abandonnées par les gouvernements japonais, nord-coréen et sud-coréen. Fruit de vingt années de recherches, le film a été réalisé au cœur du « bidonville de la bombe atomique » d’Hiroshima. Bénéficiant de la collaboration du célèbre chef opérateur ŌTSU Kōshirō 大津幸四郎, qui a notamment travaillé avec OGAWA Shinsuke 小川紳介 et TSUCHIMOTO Noriaki 土本典昭, la réalisatrice, alors sans expérience cinématographique, a consacré toutes ses économies à ce projet. Elle y a recueilli de précieux témoignages de résidents nord et sud-coréens (zainichi) vivant à Hiroshima, ainsi que de hibakusha sud-coréens venus au Japon pour se faire soigner. À travers ces récits, elle appelle ses compatriotes à prendre conscience qu’« il n’y a pas de 38e parallèle quand il s’agit de la bombe atomique ». La révélation de l’existence de victimes coréennes de la bombe atomique a provoqué une véritable onde de choc au Japon, où les Coréens étaient jusque-là quasiment absents du mouvement pacifiste antinucléaire. Le film a été diffusé dans le cadre de projections autonomes, organisées par des associations locales, dans plus de 300 lieux à travers le pays, réunissant près de 40 000 spectateurs entre 1986 et 1991.

→ Notes de production

« La première fois que je me suis rendue à Hiroshima pour rencontrer d’autres zainichi hibakusha — des survivants coréens de la bombe atomique vivant au Japon —, c’était à l’été 1965. Vingt ans s’étaient écoulés depuis l’explosion de la bombe. Cet été-là, le vingtième également depuis la fin de la colonisation japonaise, la Corée du Sud était en pleine effervescence politique. Après de longues années de négociations autour des dommages subis et du droit à une compensation légale, les gouvernements coréen et japonais étaient parvenus à un accord. En 1965, le Japon conclut un arrangement politique avec le gouvernement provisoire de Park Chung-hee, arrivé au pouvoir après le coup d’État du 16 mai 1961, concernant les quelque 100 000 hibakusha coréens toujours privés de reconnaissance officielle. Cet accord prévoyait deux cents millions de dollars de prêts et trois cents millions de dollars d’aide économique. En Corée, les protestations contre ces “relations étrangères ignominieuses” et contre la ratification de ce “pacte de trahison” se multipliaient et étaient relayées quotidiennement par la presse japonaise. C’est dans ce contexte que je suis arrivée à Hiroshima. Pourtant, ce que j’y ai découvert, ce fut un silence profond, ainsi que l’isolement de mes compatriotes. Aucun d’entre eux n’osait se présenter comme hibakusha. Cinq années se sont écoulées depuis ce premier voyage. Après le rapprochement entre la Corée du Sud et le Japon, les tensions entre le Nord et le Sud s’étaient intensifiées à Hiroshima. J’ai alors lancé un appel à mes compatriotes, organisé les hibakusha coréens et initié un mouvement de témoignage dans la ville. La lutte des hibakusha coréens pour reconquérir leur vie venait de commencer. Ce mouvement a trouvé un écho chez les hibakusha sud-coréens, qui ont pris la parole et fondé l’Association des victimes sud-coréennes de la bombe atomique. Des hibakusha ayant travaillé pour Mitsubishi Heavy Industries, ou ayant été enrôlés de force, ont commencé à m’envoyer des lettres, me demandant de les publier au Japon. En 1973, j’ai rassemblé ces courriers dans un recueil de documents et de témoignages intitulé Corée, Hiroshima et Demi-Japonais (Chōsen Hiroshima han nihonjin 朝鮮・ヒロシマ・半日本人), publié aux éditions Sanseidō. La projection de ce film lors de la Conférence mondiale contre les bombes atomiques et à hydrogène (Gensuibaku kinshi Nihon kokumin kaigi 原水爆禁止日本国民会議) en août 1987 a permis l’adoption d’une résolution affirmant que “le gouvernement japonais doit indemniser les hibakusha coréens bombardés contre leur gré du fait de la colonisation”. Quarante-deux ans après le bombardement, cette reconnaissance est pourtant arrivée bien trop tard. En réponse à ces conclusions, l’Association des victimes sud-coréennes de la bombe atomique a déposé, le 6 décembre de la même année, une demande de compensation de 2,6 milliards de dollars auprès du gouvernement japonais. » (PARK Soo-nam).

→ La réalisatrice

PARK Soo‑nam [パク・スナム ou 朴壽南], née en 1935 au Japon dans une famille de Coréens zainichi [c’est-à-dire installés au Japon], est une écrivaine, réalisatrice et figure majeure du cinéma documentaire engagé. Depuis les années 1960, elle consacre sa vie à documenter les voix et les expériences des Coréens marginalisés au Japon, notamment des survivants de la bombe atomique, des travailleurs forcés et des femmes victimes de l’armée impériale japonaise. Elle s’est d’abord fait connaître par ses ouvrages littéraires, notamment Crime, Mort, et Amour [Tsumi to shi to ai 罪と死と愛] et Recueil complet des lettres de Lee Jin‑woo [Lee Jin‑woo zen shokanshū 李珍宇全書簡集], recueils de sa correspondance avec Lee Jin‑woo, le jeune Coréen condamné à mort dans l’affaire du lycée Komatsugawa en 1958. Ces livres attirèrent l’attention sur les injustices subies par les Coréens zainichi dans la société japonaise. En 1965, PARK entreprend des recherches à Hiroshima sur les conditions de vie réelles des hibakusha coréens, un sujet alors presque absent du débat public. En 1973, elle publie Corée, Hiroshima et Demi‑Japonais [Chōsen Hiroshima han nihonjin 朝鮮・ヒロシマ・半日本人], un recueil de témoignages de hibakusha coréens mettant en lumière la situation de Coréens victimes de la bombe atomique, marginalisés à cause du colonialisme passé et des politiques du gouvernement japonais. En 1986, elle réalise son premier film documentaire, L’Autre Hiroshima : la chanson Arirang. Ce film, fruit de vingt années de recherche sur le terrain, révèle des témoignages jusque‑là invisibilisés et dénonce les conditions de vie difficiles des hibakusha nord et sud-coréens à Hiroshima. En 1991, elle signe La Chanson Arirang : Voix d’Okinawa [Ariran no uta − Okinawa kara no shōgen アリランのうた−オキナワからの証言], un documentaire qui explore l’héritage colonial et la mémoire des Coréens à Okinawa, entre travailleurs forcés et femmes dites « de réconfort ». Le film recueille notamment le témoignage de Pae Pon‑gi, la seule survivante à parler publiquement comme ancienne « femme de réconfort » à l’époque, et anticipe le débat national sur cette question dans les années 1990, mobilisant près de 200 000 spectateurs lors de projections populaires et auto-organisées. Dans les années 2010, PARK réalise plusieurs documentaires approfondissant l’histoire oubliée et les voix silencieuses des Coréens au Japon. En 2012, Nuchigafu — La vie est un trésor : Récits de la bataille d’Okinawa [Nuchigafū (inochi kahō) − gyokusaiba kara no shōgen ぬちがふぅ(命果報)−玉砕場からの証言] recueille des témoignages sur les atrocités vécues par les Coréens pendant la bataille d’Okinawa. En 2017, Le Silence — Les femmes de réconfort se lèvent [Chinmoku − tachiagaru ianfu 沈黙−立ち上がる慰安婦] documente la lutte des femmes coréennes qui furent forcées de servir comme « femmes de réconfort » par l’armée impériale japonaise, donnant une voix aux victimes longtemps réduites au silence. Plus récemment, PARK Soo‑nam a réalisé, avec sa fille PARK Maeui, Les Voix revenantes. Ce documentaire restitue le processus de restauration de son corpus de films en 16 mm et retraçe la vie et l’engagement de la cinéaste. À travers son œuvre littéraire et cinématographique, PARK Soo‑nam a joué un rôle essentiel dans la reconnaissance des histoires marginalisées des Coréens au Japon, combinant recueil de témoignages, préservation de la mémoire collective et engagement politique.

Catégories
Fenêtres sur le Japon 2025-2026 Orléans Prochaines projections

Les Filles de la guerre [戦場の女たち], de SEKIGUCHI Yuka

Projection le 4 mars 2026 (Orléans)

Projection mercredi 4 mars à 11 h au cinéma Les Carmes (7 Rue des Carmes, 45000 Orléans). La séance sera suivie d’une discussion avec Emmy Piresse, étudiante en Master Langues et Sociétés, parcours Traduction et communication multilingue à l’université d’Orléans, ayant réalisé le sous-titrage français du film ; et Shimosakai Mayumi, maîtresse de conférences en études japonaises à l’université d’Orléans.

Données techniques

Titre original : Senjō no onnatachi [戦場の女たち]
Titre anglais : Daughters of war
Réalisatrice : SEKIGUCHI Yuka 関口祐加
Année : 1989
Durée : 55 min.
Pays : Japon, Australie
Langue : japonais, anglais, tok pisin et hiri motu
Sous-titres : français (par Emmy Piresse) – Sous-titres réalisés dans le cadre de la formation du Master Langues et Sociétés, parcours Traduction et communication multilingue à l’université d’Orléans
Image : Chris OWEN, SHIMIZU Yoshio 清水良雄
Son : SEKIGUCHI Yuka, TAKIZAWA Osamu 滝沢修
Montage : SEKIGUCHI Yuka, KOIKE Masato 小池征人, SHIMIZU Chieko 清水千恵子
Musique : KOMURO Hitoshi 小室等
Production : SEKIGUCHI Yuka, Tenchijin productions (Australie)
Producteurs associés : Chris OWEN, YAMAGAMI Tetsujirō 山上徹二郎
Distribution : SIGLO Co., LTD (Tokyo)

Synopsis

Pour le gouvernement japonais d’alors, la guerre du Pacifique de 1941 à 1945 ne constituait qu’un volet de la « Grande Guerre d’Asie orientale ». Celle-ci se voulait une entreprise de libération de l’Asie et du Pacifique des chaînes économiques du colonialisme européen, visant à instaurer la « Sphère de coprospérité de la Grande Asie orientale ». Au cours de cette guerre, la campagne de Nouvelle-Guinée (janvier 1942 – août 1945) oppose les armées australiennes et états-uniennes aux forces japonaises. On estime qu’environ 140 000 soldats japonais trouveront la mort en Papouasie–Nouvelle-Guinée, et que seuls 11 000 d’entre eux regagneront le Japon. Longtemps considérée comme une « guerre oubliée », cette campagne, tout comme ses vétérans, n’a jamais bénéficié d’une véritable reconnaissance publique au Japon. Fruit de sept années de travail, Les Filles de la guerre donne la parole aux habitants de Papouasie–Nouvelle-Guinée, et en particulier aux femmes, qui ont payé le plus lourd tribut durant les trois années d’occupation japonaise. Leurs témoignages, rares et précieux, révèlent les violences et les mauvais traitements infligés par l’armée aux populations civiles, tout en levant le voile sur la question des « femmes de réconfort ». Recrutées sous de faux prétextes – promesses d’emplois en usine – ces femmes, majoritairement coréennes, furent réduites à l’esclavage sexuel au service des troupes. Œuvre pionnière, Les Filles de la guerre compte parmi les premiers films japonais à apporter des éléments concrets sur le système des femmes de réconfort mis en place par le gouvernement japonais. En donnant voix aux civils contraints de survivre dans un véritable enfer, le film met en lumière une mémoire longtemps invisibilisée et rappelle que, pour nombre de victimes, les souffrances occasionnées par la guerre ont perduré après 1945.

→ La réalisatrice

Originaire de Yokohama, SEKIGUCHI Yuka est une anthropologue, écrivaine et réalisatrice japonaise. Diplômée de l’Université internationale de Tokyo en 1982, elle poursuit ses études à l’Australian National University (Canberra, Australie), où elle se spécialise en relations internationales. C’est au cours de ces études qu’elle découvre le cinéma documentaire, vers lequel elle s’oriente alors. En 1985 elle produit et réalise une première version vidéo de 20 minutes de Les Filles de la guerre. Tandis qu’elle poursuit ses recherches, elle travaille aussi comme assistante-monteuse auprès de figures majeures du documentaire australien, telles que Dennis O’Rourke ou Andrew Pike, réalisateur et fondateur de la société de distribution Ronin Films. On lui doit aussi la traduction anglaise des notes de production de L’armée de l’empereur s’avance [Yuki yukite shingun ゆきゆきて、神軍, 1987], documentaire réalisé par HARA Kazuo 原一男. En 1989 elle achève une version moyen-métrage de Les Filles de la guerre, signé alors sous le nom : SEKIGUCHI Noriko 関口典子. Son film est largement primé : il reçoit notamment le Grand Prix du documentaire au Festival international du film de Melbourne ainsi que le prix du meilleur documentaire historique au Festival international du film de San Francisco. Il est également sélectionné en compétition au 12ᵉ Festival international de films de femmes de Créteil et projeté en 1990 lors de la rétrospective « Le documentaire japonais » de la 20ᵉ édition du Cinéma du Réel. En 1992, elle réalise When Mrs. Hegarty Comes to Japan, un documentaire dans lequel elle explore avec finesse et humour les relations interculturelles. Enseignant la réalisation dans plusieurs universités et écoles de cinéma australiennes, elle poursuit en parallèle son travail de cinéaste et réalise en 2007 Fat Chance, documentaire intime retraçant six mois d’efforts intensifs pour retrouver la forme à l’approche de son cinquantième anniversaire. Le film reçoit en 2009 le prix de l’Association des bibliothèques états-uniennes. En janvier 2010, confrontée aux premiers signes de démence de sa mère Hiroko, elle met en pause ses activités professionnelles et retourne au Japon pour se consacrer à elle, après avoir vécu vingt-neuf ans en Australie. Elle filme leur quotidien et réalise la série documentaire Chaque jour, c’est Alzheimer [Mainichi ga arutsuhaimā 毎日がアルツハイマー], dans laquelle elle aborde la maladie avec un regard singulier, mêlant humour, tendresse et lucidité. En 2011, elle fonde la société de production NY GALS FILMS avec la réalisatrice SHIBUYA Nobuko 渋谷昶子, spécialiste reconnue du secteur. Au Japon, la société Siglo s’associe à la production et à la distribution de sa série documentaire. En 2014 sort Chaque jour, c’est Alzheimer 2 – La réalisatrice Sekiguchi part en Angleterre [Mainichi ga arutsuhaimā 2 : Sekiguchi kantoku, Igirisu e iku hen 毎日がアルツハイマー2〜関口監督、イギリスへ行く編〜] et en 2018 le dernier volet : Chaque jour c’est Alzheimer : La fin, le moment de la mort [Mainichi ga Alzheimer : The Final Saigo ni shinutoki 毎日がアルツハイマー ザ・ファイナル 最期に死ぬ時]. SEKIGUCHI Yuka accompagne sa mère pendant neuf ans et neuf mois, jusqu’au décès de celle-ci en 2019, poursuivant une réflexion profondément humaine sur la démence, le vieillissement et les liens familiaux.

Catégories
Festival 2025 Films sélectionnés pour l’édition 2025 Orléans Paris Prochaines projections

Close to the Bone [骨を掘る男], d’OKUMA Katsuya

Projection le 6 mars 2026 (Orléans)

Projection vendredi 6 mars à 16 h 30 au cinéma Les Carmes (7 Rue des Carmes, 45000 Orléans). La séance sera suivie d’une discussion avec Mayumi Shimosakai, maîtresse de conférences en études japonaises à l’université d’Orléans. (Possibilité de réserver un bentō pour après la séance, 18 h 30.)

→ Données techniques

Titre original : Hone o horu otoko [骨を掘る男]
Réalisateurs : OKUMA Katsuya [奥間勝也]
Année : 2024
Durée : 115 min
Pays : Japon
Langue : japonais, anglais
Production : Moolin Production, Dynamo Production
Image : OKUMA Katsuya
Son : KAWAKAMI Takuya [川上拓也]
Musique : YOSHIHAMA Shō [吉濱翔]
Montage : OKUMA Katsuya
Sous-titres : français

Synopsis

Près de 3 000 dépouilles reposent encore sur l’île principale d’Okinawa, théâtre de la dernière grande bataille terrestre du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, et l’une des plus meurtrières. Elles appartiennent à des habitants et soldats japonais, mais aussi à des Américains, Coréens et Taïwanais. Le gouvernement japonais prévoit pourtant d’utiliser ces décombres pour le remblaiement de la mer afin de construire la nouvelle base militaire de Henoko. Depuis plus de 40 ans, GUSHIKEN Takamatsu [具志堅隆松] collecte les restes des victimes, en ayant retrouvé environ 400 à ce jour. Il se définit comme gamafuyā ガマフヤー (en dialecte d’Okinawa, gama signifie « abri naturel » et fuyā « celui qui creuse »). À partir d’os fragmentés, de bols ou d’éclats de grenades, il distingue soldats et civils, reconstitue leurs derniers instants et leur rend hommage. Ce documentaire d’OKUMA Katsuya, ayant lui-même perdu sa grand-tante lors des combats, décrit comment la recherche de restes et d’archives filmiques contribuent à entretenir la mémoire collective de la guerre. Le film explore l’articulation entre passé, présent et futur, tout en interrogeant notre devoir de mémoire dans un monde marqué par les guerres et les divisions.

Réalisateur

Natif d’Okinawa, après avoir obtenu un master en littérature à l’Université des Ryūkyū, OKUMA Katsuya s’installe à Tokyo. Il est assistant réalisateur sur la séquence okinawaïenne du film Three☆Points [Surī pointo スリー☆ポイント] (2011) réalisé par YAMAMOTO Masashi 山本政志. Il participe à las barcas, média fondé par un collectif de jeunes artistes d’Okinawa. Son moyen-métrage Gift [Gifuto ギフト], fable entre fiction et réalité tournée à Naha, est sélectionné dans la section « New Asian Currents » du Festival international du documentaire de Yamagata 2011, ainsi qu’en compétition internationale du festival Vision du Réel 2012. Each Story [Radakku sorezore no monogatari ラダック それぞれの物語] tourné dans la région du Ladakh, dans le nord de l’Inde, est primé par le Festival international du documentaire de Yamagata 2015. Il a également reçu le prix ATP du meilleur nouveau réalisateur décerné par l’Association des producteurs de programmes télévisés japonais pour Le film fantôme « Hiroshima » renaît aujourd’hui : l’héritage des cinéastes [いま甦る幻の映画『ひろしま』〜受け継がれていく映画人の想い〜 Ima yomigaeru maboroshi no eiga “Hiroshima”~ uketsuga rete iku eiga hito no omoi ~] (2015) diffusé sur la chaîne WOWOW. Ce documentaire revient sur l’histoire de la conception, production et réception de Hiroshima [ひろしま] (1953) de Sekigawa Hideo 関川秀雄 et la transmission de son héritage.

→ Bande-annonce en japonais sans sous-titres

Ce film fait partie des 5 documentaires sélectionnés pour le festival Fenêtres sur le Japon 2025. Il sera projeté le samedi 22 novembre 2025 à 9 h 15 dans l’amphithéâtre Buffon du campus des Grands Moulins de l’université Paris-Cité (au RdC du bâtiment Buffon – l’entrée se trouve au 15 rue Hélène Brion, Paris 13e). La projection sera suivie d’une discussion en visioconférence avec le réalisateur, animée par Constance Sereni (université de Genève). L’interprétariat sera assuré par Makiko Andro-Ueda (Inalco) et Aki Yoshida (Inalco).

Catégories
Bordeaux Fenêtres sur le Japon 2024-2025 Festival 2025 Films sélectionnés pour l’édition 2025 Orléans Paris Prochaines projections Programme de l’édition 2025

Les Voix revenantes [되살아나는 목소리], de PARK Soo-nam & PARK Maeui

Film primé lors de la 3e édition du festival Fenêtres sur le Japon.

Projection le 10 février 2026 (Bordeaux)

Projection le mardi 10 février 2026 à 20 h 15 au Cinéma Utopia (5 Pl. Camille Jullian, 33000 Bordeaux). La séance sera suivie d’une discussion avec Guillaume Muller, Maître de conférences en études japonaises à l’université Bordeaux Montaigne.

Données techniques

Titre original : Doesarananeun moksori [되살아나는 목소리]
Titre japonais : Yomigaeru koe [よみがえる声]
Titre anglais : Voices of the Silenced
Réalisatrices : PARK Soo-nam, PARK Maeui
Année : 2023
Durée : 142 min.
Pays : Japon, Corée du Sud
Langue : japonais, coréen
Sous-titres : français
Production : Article Films
Coproduction : Harbin Film, Song of Arirang Production Committee
Image : TERUYA Shinji, PARK Maeui, KIM Im-man, KIM Myeong-yoon, ŌTSU Kōshirō
Son : PYO Yong-Soo
Musique : MI Yeon
Montage : PARK Maeui

→ Synopsis
La cinéaste PARK Soo-nam entreprend, avec sa fille PARK Maeui, Coréenne de deuxième génération au Japon, la restauration numérique de son œuvre documentaire. Pendant une cinquantaine d’années, elle s’était consacrée à filmer en 16 mm le témoignage de dizaines de milliers de victimes coréennes, évoquant leur quotidien au Japon. Au fil de la restauration, ressurgissent les voix des travailleurs forcés, des survivants de la bombe atomique et des « femmes de réconfort », dont l’histoire reprend vie sous nos yeux.

→ Réalisatrices
Née en 1935 au Japon, PARK Soo-nam est l’autrice de The Collected Letters of Lee Jin-woo et de Crime, Death, and Love, deux recueils de sa correspondance avec le meurtrier de l’étudiante du lycée Komatsugawa (1958). En 1965, elle commence à visiter Hiroshima et à enquêter sur les conditions réelles des hibakusha (survivants de la bombe atomique) coréens En 1973, elle publie Korea, Hiroshima, Half-Japanese, recueil de témoignages d’hibakusha coréens. En 1986, elle réalise le documentaire The Other Hiroshima : Korean A-bomb Victims Tell Their Story, qui dénonce les conditions de vie réelles des hibakusha nord et sud coréens. Ce film a fait sensation lors de ses projections au Japon. Elle réalise ensuite, en 1991, Song of Arirang: Voices from Okinawa.

La réalisatrice PARK Maeui est la fille de l’écrivaine et cinéaste PARK Soo-nam. Dès son adolescence, elle collabore avec sa mère à plusieurs productions cinématographiques. Lorsque sa mère perd la vue, elle travaille au montage vidéo et à la restauration numérique de ses films 16 mm. Elle a été coréalisatrice de Nuchigafu – Life is a Treasure « Gyokusai » Stories in the Battle of Okinawa (2012). Elle a monté et produit The Silence (2016).

Tous nos remerciements au Festival Jean Rouch et à Adélie Taupin pour les sous-titres français du film.

Bande-annonce (vosta)

Ce film fait partie des 5 documentaires sélectionnés pour le festival Fenêtres sur le Japon 2025. Il sera projeté le vendredi 21 novembre 2025 à 9 h dans l’auditorium de l’INALCO (65 rue des Grands Moulins, Paris 13e). La projection sera suivie d’une discussion avec Aki Yoshida (Inalco).

Projection le 28 février 2025 (Orléans)

Projection vendredi 28 février 2025 à 13 h 30 au cinéma Les Carmes (7 Rue des Carmes, 45000 Orléans). La séance sera suivie d’une discussion avec Shimosakai Mayumi, spécialiste de la question des zainichi. (Possibilité de réserver un bentō pour après la séance.)

Catégories
Annecy Bordeaux Genève Metz Orléans Paris

Kurdes de Tokyo [東京クルド], de HYŪGA Fumiari

Film primé lors de la 2e édition du festival Fenêtres sur le Japon.

→ Données techniques

Titre original : Tōkyō kurudo [東京クルド]
Réalisateur : HYŪGA Fumiari [日向史有]
Année : 2021
Durée : 103 min.
Pays : Japon
Langue : japonais, kurde, anglais
Sous-titres : français
Production : MAKI Tetsuo [牧哲雄], UEYAMA Emi [植山英美], MOTOKI Atsuko [本木敦子]
Image : MATSUMURA Toshiyuki [松村敏行], KANAZAWA Yūji [金沢裕司], SUZUKI Katsuhiko [鈴木克彦]
Son : MASUKO Akira [増子彰]
Montage : HATA Takeshi [秦岳志]

Synopsis

Au Japon, il est extrêmement difficile d’obtenir le statut de réfugié (en 2019 le taux d’acceptation était de 0,4 %). Ce documentaire, fruit de cinq ans d’entretiens, pointe sa caméra sur la vie de deux jeunes Kurdes qui tentent de vivre à Tokyo. Özhan travaille illégalement dans la démolition de bâtiments dans l’espoir de réaliser ses rêves, tout en luttant contre un fort sentiment d’aliénation vis-à-vis de son père et de la société japonaise. Son ami Ramazan, jeune bachelier empli d’optimisme, souhaite intégrer une école d’interprétariat, tandis que son oncle Mehmet est détenu dans un centre de rétention depuis plus d’un an.

Réalisateur

Né en 1980 à Tokyo, c’est en 2006 que HYŪGA Fumiari rejoint Documentary Japan, l’une des principales sociétés de production télévisuelles indépendantes du Japon, pour laquelle il réalise Devrions-nous prendre les armes ? [Jū wa torubeki ka 銃は取るべきか, 2015] sur la conscription des jeunes durant la guerre civile en Ukraine et Mon voisin syrien [Tonari no shiria hito となりのシリア人, 2016] qui documente une année dans la vie d’une famille de réfugiés syriens au Japon. En 2017, il remporte le prix d’excellence du Forum international du documentaire TokyoDocs pour son court métrage Tokyo kurudo [東京クルド] dans lequel il suit Özhan, un jeune kurde de dix-huit ans résident clandestin à Tokyo, le temps d’un été. Le film est sélectionné au 25e Festival international canadien du documentaire Hot Docs, ainsi qu’au 25e Festival international des cinémas d’Asie de Vesoul. Il poursuit son investigation de la communauté kurde du Japon et développe Tokyo Kurds en long métrage. Le film est sélectionné en compétition internationale au 23e Festival international du film de Jeonju. Il vient de terminer son second long-métrage documentaire I am a comedian [アイ アム ア コメディアン], sur un humoriste japonais censuré par les grands médias pour ses positions critiques vis-à-vis du gouvernement japonais.

→ Bande-annonce (vosta)

Projection mercredi 18 juin 2025 (Orléans)

Projection au cinéma Les Carmes le 18 juin à 19 h 30. La séance sera introduite par Aline Henninger, maîtresse de conférences en études japonaises à l’université d’Orléans.

Projection vendredi 25 avril 2025 (Metz)

Projection le 25 avril 2025 à 14 h 30 à l’Espace Bernard-Marie Koltès (Île du Saulcy, 57 000 Metz). La séance sera suivie d’une discussion avec Mathieu Mallard, doctorant spécialiste du cinéma japonais au Centre de Recherche sur les Expertises, les Arts et les Transitions (CREAT). Projection gratuite sur inscription.

Projection jeudi 10 avril 2025 (Carouge)

Projection le 10 avril 2025 à 20 h 15 au Cinéma Bio (Rue Saint-Joseph 47, CH – 1227 Carouge, Suisse). La séance sera suivie d’une discussion avec Constance Sereni, historienne du Japon, chargée de cours à l’Université de Genève, Faculté des lettres, Département d’études est-asiatiques.

Projection mardi 8 avril 2025 (Bordeaux)

Projection le 8 avril 2025 à 20 h 15 au Cinéma Utopia à Bordeaux dans le cadre de la reprise du palmarès de la 2e édition du Festival Fenêtres sur le Japon. La séance sera suivie d’une discussion avec Fabienne Duteil-Ogata, Ethnologue, Maître de conférences au Département des études japonaises de l’Université de Bordeaux-Montaigne.

Projection mardi 15 octobre 2024 (Paris)

Projection le 15 octobre 2024 à 21 h 15 au Forum des images à Paris dans le cadre de la reprise du palmarès de la 2e édition du Festival Fenêtres sur le Japon. La séance sera suivie d’une discussion avec Nicolas Pinet, sociologue.

Projection jeudi 30 mai 2024 (Annecy)

Projection le 30 mai 2024 à 20 h 30 au Cinéma La Turbine (3 Rue des Tisserands 74960 Annecy). Cette séance fait partie de Japannecy (événement 100% Culture Japonaise à Annecy) et sera présentée par Charlotte Lamotte, anthropologue et spécialiste du Japon, enseignante à l’université de Grenoble-Alpes.

Projection dimanche 7 avril 2024 (Orléans)

Projection au cinéma Les Carmes le 7 avril à 10 h 30. La séance sera suivie d’une discussion avec Aline Henninger, maîtresse de conférences en études japonaises à l’université d’Orléans. (Possibilité de réserver un bentō pour après la séance.)

Catégories
Annecy Bordeaux Genève Metz Orléans Paris Prochaines projections Saint-Denis

Tokyo Uber Blues [東京自転車節], d’AOYAGI Taku

Film primé lors de la 2e édition du festival Fenêtres sur le Japon.

Projection samedi 14 février 2026 (Saint-Denis)

Dans le cadre du 4ᵉ festival Regards Satellites (anciennement Journées cinématographiques dionysiennes), qui se tiendra du vendredi 13 au dimanche 22 février 2026, l’association Fenêtres sur le Japon propose une programmation intitulée : Les damnés du bitume : capitalisme de plateforme et exploitation. Cette séance comprendra une projection à l’Écran de Saint-Denis le samedi 14 février 2026 à 16 h 00 du film Tokyo Uber Blues [東京自転車節], d’AOYAGI Taku. La programmation inclut également, le même jour à 14 h 00, le documentaire Riders (El repartidor está en camino, 2024) de Martín Rejtman, tourné pendant la pandémie entre Buenos Aires, Caracas et Colonia Tovar. Les projections seront suivies d’une discussion animée par Dimitri Ianni (chercheur et programmateur cinéma) avec Patrick Cingolani, professeur de sociologie (université Paris-Cité) et auteur de La colonisation du quotidien : dans les laboratoires du capitalisme de plateforme (Éditions Amsterdam), et Bilal Diakhate, président du C.I.E.L. – Collectif pour l’Insertion et l’Émancipation des Livreurs. Découvrir le programme du festival : Programme Regards Satellites 2026

→ Données techniques

Titre original : Tōkyō jitensha bushi [東京自転車節]
Réalisateur : AOYAGI Taku [青柳 拓]
Année : 2022
Durée : 93 min.
Pays : Japon
Langue : japonais
Sous-titres : français
Production : ŌSAWA Kazuo [大澤一生]
Image : AOYAGI Taku, TSUJII Kiyoshi [辻井潔], ŌSAWA Kazuo
Musique : AKIYAMA Shū [秋山周]
Montage : TSUJII Kiyoshi

Synopsis

Avec la pandémie de Covid-19 au Japon, AOYAGI Taku, jeune diplômé d’une école de cinéma lesté d’une dette étudiante de 35 000 € se retrouve au chômage. Il décide de quitter sa région natale pour tenter sa chance à Tokyo, en rejoignant la plateforme de livraison Uber Eats. À l’aide d’un dispositif minimaliste, équipé de son smartphone et d’une caméra GoPro, le réalisateur filme son quotidien. Il nous entraîne dans une plongée inédite dans la capitale en pleine crise sanitaire, vue du côté du monde du travail et des « indispensables ». Autobiographie documentaire burlesque d’un Sisyphe millénial, Tokyo Uber Blues interroge, non sans autodérision, les nouvelles formes d’asservissement du « capitalisme de plateforme » et leur impact sur les rapports sociaux.

Réalisateur

Né en 1993 à Ichikawamisato dans le département de Yamanashi, AOYAGI Taku s’est formé au documentaire à l’Institut japonais de l’image animée, l’école de cinéma fondée par IMAMURA Shōhei. Il réalise le moyen-métrage de fin d’étude La ville où marche Hī [Hī-kun no aruku machi ひいくんのあるく町], tourné dans sa ville natale. Le film connaît même une sortie en salles en 2017. En 2019, il participe en tant que cadreur à la production de IDOL : Ah, impitoyable [IDOL – ā mujō IDOL–あゝ無情] documentaire sur un camp de recrutement d’idoles de l’agence artistique WACK. Il documente l’exposition du collectif d’artistes contemporains hyslom [ヒスロム] en Pologne et réalise le court-métrage Creuser un puits [Ido o, horu 井戸ヲ、ホル, 2020] également tourné dans sa ville natale. En 2021 il est sélectionné par la revue mensuelle Les Cahiers des beaux-arts [Bijutsu techō 美術手帖] comme l’un des cent artistes prometteurs des années 2020. Tokyo Uber Blues est son premier long métrage.

→ Bande annonce (vosta)

Projection jeudi 15 mai 2025 (Saint-André-de-Cubzac)

Projection le 15 mai 2025 à 19 h 15 au cinéma Villa Monciné (40 Av. Boucicaut, 33240 Saint-André-de-Cubzac). La séance sera suivie d’une discussion avec Guillaume Muller, Maître de conférences au département d’études japonaises de l’Université Bordeaux Montaigne et Jonathan L’Utile Chevallier, coordinateur de la Maison des livreurs de Bordeaux (14 Rue du Fort Louis, 33800 Bordeaux).

Projection mercredi 30 avril 2025 (Metz)

Projection le 30 avril 2025 à 14 h 30 à l’Espace Bernard-Marie Koltès (Île du Saulcy, 57 000 Metz). La séance sera suivie d’une discussion avec Quentin Moscato, doctorant en sociologie au Centre de Recherche sur les Expertises, les Arts et les Transitions (CREAT), et Lucie Rydzek, doctorante spécialiste du cinéma japonais au CREAT. Projection gratuite sur inscription.

Projection jeudi 10 avril 2025 (Carouge)

Projection le 10 avril 2025 à 18 h 00 au Cinéma Bio (Rue Saint-Joseph 47, CH – 1227 Carouge, Suisse). La séance sera suivie d’une discussion avec Dimitri Ianni.

Projection mardi 8 avril 2025 (Bordeaux)

Projection le 8 avril 2025 à 17 h 30 au Cinéma Utopia à Bordeaux dans le cadre de la reprise du palmarès de la 2e édition du Festival Fenêtres sur le Japon. La séance sera suivie d’une discussion avec Fabienne Duteil-Ogata, Ethnologue, Maître de conférences au Département des études japonaises de l’Université de Bordeaux-Montaigne et Jonathan L’Utile Chevallier, coordinateur de la Maison des livreurs de Bordeaux (14 Rue du Fort Louis, 33800 Bordeaux).

Projection mardi 15 octobre 2024 (Paris)

Projection le 15 octobre 2024 à 18 h 30 au Forum des images à Paris dans le cadre de la reprise du palmarès de la 2e édition du Festival Fenêtres sur le Japon. La séance sera suivie d’une discussion avec Patrick Cingolani, professeur de sociologie (université Paris-Cité).

Projection dimanche 2 juin 2024 (Annecy)

Projection le 2 juin 2024 à 18 h 30 au Cinéma La Turbine (3 Rue des Tisserands 74960 Annecy). Cette séance fait partie de Japannecy (événement 100% Culture Japonaise à Annecy) et sera présentée par Charlotte Lamotte, anthropologue et spécialiste du Japon, enseignante à l’université de Grenoble-Alpes.

Projection mardi 9 avril 2024 (Orléans)

Projection au cinéma Les Carmes le 9 avril à 19 h 30. La séance sera suivie d’une discussion avec Aline Henninger, maîtresse de conférences en études japonaises à l’université d’Orléans.

Catégories
Fenêtres sur le Japon 2024-2025 Orléans Paris

Bienvenue, au revoir [Bem-vindos de novo], de Marcos Yoshi

→ Données techniques
Titre original : Bem-vindos de novo
Réalisateur : Marcos Yoshi
Année : 2021
Durée : 105 min.
Pays : Brésil
Langue : portugais
Sous-titres : français
Production : Meus Russos
Image : Gabriel Barrella, Marcos Yoshi
Musique : Julia Teles
Montage : Yuri Amaral

Synopsis
Le réalisateur nippo-brésilien Marcos Yoshi livre un documentaire autobiographique sur sa famille, déchirée par le mouvement migratoire de « retour » des Nippo-Brésiliens vers le Japon à partir des années 1980. Séparé de ses parents durant 13 ans, il suit le processus de reconstruction émotionnelle de ses proches et dépeint le désir et l’impossibilité de rester ensemble tout en subvenant aux besoins familiaux.

Réalisateur
Marcos Yoshi, né en 1985, est un chercheur et réalisateur de films nippo-brésilien. Il est diplômé de l’université de São Paulo, où il a obtenu un master en audiovisuel (2018) et un doctorat en cinéma (2024) qui portait sur les documentaires à la première personne. Il a réalisé les courts métrages de fiction Aurora (2010), Acordairis (2011) et Quando o Céu Desce ao Chão (2012), son film de fin d’études, qui a été présenté et primé dans le cadre du circuit des festivals universitaires. En 2020, il a réalisé le court-métrage hybride fiction-documentaire Aos Cuidados Dela, au sujet de sa grand-mère, puis le documentaire autobiographique Bem-vindos de Novo (2021).

→ Bande-annonce (vosta)

Projection le 25 mars 2025 (Paris)

Projection mardi 25 mars 2025 à 21 h au Forum des images (Forum des Halles, 2 rue du cinéma, 75001 Paris). La séance sera suivie d’une discussion avec Pauline Cherrier, enseignante-chercheuse spécialiste de la question migratoire au Japon.

Projection le 4 mars 2025 (Orléans)

Projection mardi 4 mars à 19 h 30 au cinéma Les Carmes (7 Rue des Carmes, 45000 Orléans).

Catégories
Fenêtres sur le Japon 2024-2025 Orléans Saint-Étienne

Creuser le Japon avec Yamamoto Sakubei [作兵衛さんと日本を掘る], de KUMAGAI Hiroko

Données techniques

Titre original : Sakubēsan to nihon o horu [作兵衛さんと日本を掘る]
Réalisatrice : KUMAGAI Hiroko [熊谷博子]
Année : 2018
Durée : 111 min.
Pays : Japon
Langues : japonais
Sous-titres : français
Production : KUMAGAI Hiroko, Office Kumagai [オフィス熊谷]
Lectures : AOKI Yūko [青木裕子]
Narration : YAMAKAWA Yukio [山川健夫]
Image : NAKASHIMA Hiroki [中島広城], FUJIE Kiyoshi [藤江潔]
Lumières : SATŌ Saisuke [佐藤才輔]
Montage : ŌHASHI Tomiyo [大橋富代]
Musique : KURODA Kyōko [黒田京子]

Synopsis

Mineur depuis son adolescence, YAMAMOTO Sakubei [山本作兵衛] (1892-1984) a passé sa vie dans les houillères du Chikuhō (département de Fukuoka), plus important bassin minier du Japon. À partir de la soixantaine, il se met à peindre en autodidacte et met en images la vie et le labeur des femmes et des hommes qui extraient et transportent le charbon. En mai 2011, seulement deux mois et demi après la catastrophe nucléaire de Fukushima, une collection de 697 de ses peintures et journaux entre au registre international Mémoire du monde de l’Unesco. La documentariste KUMAGAI Hiroko [熊谷博子] filme les détails de ses peintures avec minutie. S’appuyant sur des témoignages de parents de la famille Yamamoto, d’anciens mineurs ou de personnalités influencées par son travail, le documentaire dessine en creux une histoire économique et politique des transformations du Japon depuis la fin de l’ère Meiji. Fruit de six années de travail, ce film contribue à restituer au monde ouvrier et, en son sein, aux femmes leur place dans l’histoire collective du pays.

→ La réalisatrice

Née à Tokyo, KUMAGAI Hiroko est réalisatrice, journaliste reporter d’images, photographe et écrivaine. Elle débute sa carrière en 1975 au sein de la société de production télévisuelle de USHIYAMA Jun.ichi 牛山純一, réalisateur et producteur pionnier du documentaire TV. Elle y réalise de nombreux reportages sur des thèmes tels que la guerre, la drogue ou les questions sociales. En 1985, elle devient réalisatrice indépendante et tourne par la suite plus d’une cinquantaine de documentaires télévisés. En 1989 elle participe aux côtés de TSUCHIMOTO Noriaki [土本典昭] et d’Abdul LATIF à la réalisation de Printemps afghan [Yomigaere karēzu よみがえれ カレーズ], tourné juste après le retrait soviétique d’Afghanistan. En 1995, elle signe le moyen métrage documentaire Ottensen et Mukōjima, deux quartiers où il fait bon vivre [Fureau machi mukōjima ottenzen monogatari ふれあうまち 向島・オッテンゼン物語], inspiré de sa propre expérience en matière d’éducation des enfants. Son documentaire Les femmes qui font du cinéma [Eiga o tsukuru joseitachi 映画をつくる女性たち] (2004) réalisé pour commémorer le 15e Festival international du film de femmes de Tokyo, retrace les parcours de cinéastes et met en lumière les difficultés rencontrées par les femmes dans l’histoire de l’industrie cinématographique japonaise. Avec Echoes of the Miike Mine [Miike owaranai tankō (yama) no monogatari 三池 終わらない炭鉱(やま)の物語] (2006), lauréat de plusieurs prix, elle retrace l’histoire et interroge l’héritage de la plus grande houillère du Japon. On lui doit également Creuser le Japon avec Yamamoto Sakubei [Sakubēsan to nihon o horu 作兵衛さんと日本を掘る] (2018), documentaire consacré à la vie d’un peintre des mines dont l’œuvre est inscrite au registre international Mémoire du monde de l’UNESCO. Being Kazue [Kazue-teki かづゑ的] (2023) a obtenu le prix Nippon Docs au festival Nippon Connection.

Bande-annonce sous-titrée en français

Projections le 20 mars 2025 (Saint-Étienne)

Projections le jeudi 20 mars 2025 à 14 h 30 et 19 h, à la Cinémathèque de Saint-Étienne (20-24 Rue Jo Gouttebarge, 42000 Saint-Étienne), dans le cadre de Mémoires de l’histoire ouvrière. Ces deux projections, organisées en partenariat avec le GREMMOS, seront présentées par Dimitri Ianni de l’association Fenêtres sur le Japon, et suivies d’une discussion avec Alexandre Roy, maître de conférences à l’Inalco, spécialiste de l’histoire économique du Japon.

Projection le 2 mars 2025 (Orléans)

Projection dimanche 2 mars 2025 à 11 h au cinéma Les Carmes (7 Rue des Carmes, 45000 Orléans). La séance sera suivie d’une discussion avec Bernard Thomann, historien du travail au Japon, professeur à l’Inalco et Directeur de l’Institut français de recherche sur l’Asie de l’Est. (Possibilité de réserver un bentō pour après la séance.)

Catégories
Festival 2021 Films sélectionnés pour l’édition 2021 Orléans Paris Projections Saint-Denis

Le Front armé anti-japonais de l’Asie de l’Est [東アジア反日武装戦線], de KIM Mi-re

Données techniques
Titres originaux : Dong-asiaban-ilmujangjeonseon [동아시아반일무장전선], Higashi ajia han-nichi busō sensen [東アジア反日武装戦線]
Titre utilisé pour la diffusion au Japon : Ōkami o sagashite [狼をさがして]
Réalisatrice : KIM Mi-re [김미례]
Année : 2019
Durée : 74 min.
Pays : Corée du Sud
Langue : japonais, coréen
Sous-titres : français
Production : Gaam Pictures
Image : PARK Hong-yeol
Son : JUNG Sung-hwan, KIM Byung-oh
Musique : PARK Hyun-yoo
Montage : LEE Eun-soo, KIM Mi-re

Synopsis
Le 30 août 1974, une explosion fait voler en éclats la façade vitrée du siège de Mitsubishi Heavy Industries en plein cœur de Tokyo, provoquant la mort de huit personnes et faisant près de 300 blessés. L’attentat est revendiqué par la brigade des « Loups », une cellule du Front armé anti-japonais de l’Asie de l’Est. Deux autres cellules du Front se livrent à une série d’attentats similaires et ciblent des groupes industriels ayant fait fortune avant la guerre grâce à l’expansionnisme colonial dans la zone Pacifique. En retraçant la trajectoire et le destin des membres de ces cellules, la réalisatrice KIM Mi-re signe un film à la fois émouvant, poétique et politique qui lève le voile sur un pan méconnu de l’histoire contemporaine du Japon.

Réalisatrice
KIM Mi-re [김미례] est née en 1964 au nord de la province de Chungcheong, en Corée du Sud. Diplômée en langue allemande de l’université Hankuk des études étrangères (Séoul), elle est réalisatrice et productrice indépendante de documentaires. Ses films s’attachent à décrire les conditions de vie et les mouvements de lutte du monde ouvrier en Corée du Sud en dévoilant aussi les racines des mécanismes d’exploitation. En 2003, son documentaire Nous sommes des ouvriers, ou non? [Nodongjada Anida 노동자다아니다], qui donne la parole à quelques-uns des 20 000 chauffeurs de Remicon, ces camions-toupies qui approvisionnent en ciment les sites de BTP du pays, obtient le prix du documentaire au Festival international de films de Fribourg. En 2005, elle réalise Nogada [노가다] qui, partant de son père ouvrier maçon, dresse un état des lieux des conditions de vie des travailleurs journaliers du bâtiment en Corée du Sud et au Japon. Avec Weabak [외박] (2009), elle suit la grève massive de 2007-2008 des femmes intérimaires de la chaîne de grande distribution Homever pour la sauvegarde de leur emploi. En 2013, elle s’intéresse à des employés victimes de discrimination syndicale chez l’opérateur de télécommunication KT avec Sanda: Surviving [산다] qui obtient le prix du meilleur documentaire coréen au 5e Festival international du film documentaire DMZ. Puis elle tourne Le Front armé anti-japonais de l’Asie de l’Est, sélectionné lors de la première édition du Festival Fenêtres sur le Japon. En 2021, elle est récompensée du prix de la meilleure réalisatrice de documentaire lors des 8e Wildflower Film Awards qui récompensent le cinéma indépendant coréen. Son dernier film Ten Wells [Yeol gaeui umul 열 개의 우물] revient sur la mémoire collective de militantes en lutte contre la pauvreté dans les quartiers défavorisés d’Incheon dans les années 1970/1980.

Bande-annonce (japonais, sous-titres anglais)

Bande-annonce (japonais, sans sous-titres)

Projection le 2 mars 2025 (Orléans)

Projection dimanche 2 mars 2025 à 14 h au Cinéma Les Carmes (7 Rue des Carmes, 45 000 Orléans). La séance sera suivie d’une discussion avec Dimitri Ianni.

Projection le 4 mars 2025 (Orléans)

Projection mardi 4 mars 2025 à 9 h 30 au Cinéma Les Carmes (7 Rue des Carmes, 45 000 Orléans). La séance sera suivie d’une discussion avec Aline Henninger, maîtresse de conférences en études japonaises à l’université d’Orléans.

Projection dimanche 2 février 2025 (Saint-Denis)

Projection à l’Écran de Saint-Denis le 2 février 2025 à 20 h 15 dans le cadre du cycle Cinéma Social Coréen (Chapitre 1) lors du 3e festival Regards Satellites (auparavant Journées cinématographiques dionysiennes) qui se tiendra du 29 janvier au 9 février 2025. La projection sera suivie d’une discussion avec Dimitri Ianni. L’adresse du cinéma est : 14 Passage de l’Aqueduc, 93 200 Saint-Denis, métro : Basilique de Saint-Denis (ligne 13).

Projection le 4 décembre 2021 (Paris)

Ce film fait partie des 5 documentaires sélectionnés pour le festival Fenêtres sur le Japon 2021. Il a été projecté le samedi 4 décembre 2021 à 15 h dans l’amphithéâtre 11E de l’Université de Paris (campus des Grands Moulins, 3e étage de la Halle aux farines [voir ce plan, p. 4], 15, esplanade Pierre Vidal-Naquet, Paris 13e). La projection a été suivie d’une discussion animée par Dimitri Ianni.

Catégories
Fenêtres sur le Japon 2024-2025 Orléans Paris

1923 Kantō Massacre [1923 간토대학살], de KIM Tae-yeong et CHOI Gyu-seog

→ Données techniques

Titre en coréen : 1923 간토대학살
Titre en japonais : 1923 Kantō dai gyakusatsu [1923関東大虐殺]
Réalisateur : KIM Tae-yeong [김태영]
Coréalisateur : CHOI Gyu-seog [최규석]
Année : 2024
Durée : 116 min.
Pays : Corée/Japon
Langue : japonais, coréen, anglais
Narration et sous-titres : anglais

Synopsis

Ce documentaire reconstitue le déroulement du massacre des Coréens, principalement dans la région de Tokyo et Yokohama, après le Grand Tremblement de terre du Kantō, le 1er septembre 1923. Il se fait aussi l’écho des efforts déployés par des associations, des membres des familles endeuillées et des personnalités politiques pour que soit accordé à cet épisode sombre du vingtième siècle la place qui lui revient dans l’histoire et la mémoire nationale.

Réalisateur

Né en 1958 à Séoul, KIM Tae-yeong est un scénariste, réalisateur et producteur coréen. Diplômé de l’Institut des arts de Séoul, il se fait remarquer en tournant des courts-métrages indépendants. En 1987, il réalise le premier film traitant du soulèvement de Gwangju, Une annonce de Monsieur Kant [Kanteu-ssi ui balpyohoe 칸트씨의 발표회], sélectionné dans la section Forum de la 38ᵉ Berlinale. L’année suivante il écrit, produit et réalise son premier long-métrage Terrain vague [Hwangmuji 황무지]. Ce récit d’un déserteur déployé lors des événements du 18 mai 1980 à Gwangju est bientôt saisi et interdit par le gouvernement, provoquant un vif émoi au sein de la société sud-coréenne. Dans les années 1990 il travaille dans l’industrie audiovisuelle. Après la diffusion de son documentaire La Guerre du Vietnam, 17 ans après [Beteunam jeonjaeng, geu hu sipchil nyeon 베트남 전쟁, 그 후 17 년] réalisé en 1992, il fonde sa société de production Indecom avec laquelle il produit des documentaires historiques, culturels et sociétaux pour l’audiovisuel public. Il produit également le blockbuster 2009 Lost Memories [2009 roseuteu memorizeu 로스트 메모리즈], film d’anticipation explorant l’altération de l’histoire. En 2003, alors qu’il travaille sur la production de la première comédie musicale coréenne, Mr. Lady [Miseuteo reidi 미스터 레이디], il est victime d’un AVC après l’annulation du projet et se retrouve en invalidité de 3ᵉ catégorie. Après des années d’interruption de travail, il revient à la réalisation en 2015 avec Kim’s Dilkusha – Life Goes On [O pal gaetti mongsanggi Dilkusha 58개띠 몽상기 딜쿠샤] inspiré de son propre parcours de vie. 1923 Kantō Massacre est son dernier long-métrage documentaire.

→ Bande-annonce sous-titrée en anglais

→ Bande-annonce (japonais & coréen, sous-titres coréens)

Projection jeudi 28 novembre 2024 en présence des réalisateurs (Orléans)

Ce documentaire coréen consacré au massacre de Coréens après le séisme du Kantō (1er septembre 1923), 1923 Kantō Massacre (2024, VOST anglais), sera projeté jeudi 28 novembre 2024 (14 h 30 – 17 h) à Polytech Orléans (site Galilée, amphithéâtre Turing). La projection sera introduite par l’historienne Jinhee Lee (université de l’Illinois de l’Est, États-Unis), qui est aussi la productrice créative du film. Elle sera suivie d’une discussion avec Jinhee Lee.
L’entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Projection vendredi 29 novembre 2024 en présence des réalisateurs (Paris)

Ce documentaire coréen consacré au massacre de Coréens après le séisme du Kantō (1er septembre 1923), 1923 Kantō Massacre (2024, VOST anglais), sera projeté vendredi 29 novembre 2024 (17 h 30 – 21 h 30) dans l’auditorium de l’INALCO (65 rue des Grands Moulins, Paris 13e). La projection sera introduite par l’historienne Jinhee Lee (université de l’Illinois de l’Est, États-Unis), qui est aussi la productrice créative du film. Elle sera suivie d’une discussion avec le réalisateur KIM Tae-yeong, le coréalisateur CHOI Gyu-seog et Jinhee LEE. L’interprétariat sera assuré par Alexandra Jallua, Lara Jehanno et Laure Mérel.
L’entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Organisation : Fenêtres sur le Japon en lien avec l’équipe de recherche Populations japonaises
Contact : projections@fenetres-japon.fr