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Adieu, logement public [さようならUR], de HAYAKAWA Yumiko

Projection le 7 avril 2026 (Bordeaux)

Projection le mardi 7 avril 2026 à 20 h 15 au Cinéma Utopia (5 Place Camille Jullian, 33000 Bordeaux). La projection sera suivie d’une discussion avec la réalisatrice.

Projection le 8 avril 2026 (Paris)

Projection le mercredi 8 avril 2026 à 18 h dans l’amphithéâtre 8 de l’INALCO (65 rue des Grands Moulins, Paris 13e). La projection sera suivie d’une discussion avec la réalisatrice.

Données techniques

Titre original : Sayonara UR [さようならUR]
Titre anglais : Goodbye UR – Japanese Social Housing Crisis
Réalisatrice : HAYAKAWA Yumiko 早川由美子
Année : 2011
Durée : 73 min.
Pays : Japon
Langue : japonais
Sous-titres : français
Image : HAYAKAWA Yumiko
Son : HAYAKAWA Yumiko
Montage : HAYAKAWA Yumiko
Musique : Sage, OKA Yūko 岡ゆう子, Hou
Production : Petite Adventure Films
Équipe du sous-titrage français : N. Ammar, R. Bohan, T. Brilland, L. Caumes, L. Charles, M. Cherfa, K. Clergereau, B. Creveuil, B. Dahbi, F. Etienne, R. Gobert, A. Goethals, S. Larcher, M. Margot, F. Martin, E. Molinier, L. Mottet, G. Muller, T. Peraud, S. Rousseau, S. Saintarailles, M. Souverain, T. Vigne

Synopsis

Le bâtiment 73 de la résidence Takahatadai, gérée par l’Agence de renaissance urbaine (UR) – l’organisme issu des transformations de la Régie japonaise du logement – à Hino (métropole de Tokyo), est voué à la démolition en raison d’une résistance sismique jugée trop faible. Jusqu’alors, les résidents avaient été informés par l’Agence que des travaux de renforcement parasismique seraient effectués. Ils sont donc stupéfaits par ce revirement soudain.

Le bâtiment est-il réellement dangereux ? Ne peut-on pas le rénover ? Animés par ces questions, les habitants déposent des demandes d’accès à l’information pour obtenir des justifications. Mais les plans de structure sont intégralement censurés et le processus décisionnel reste opaque. Pendant ce temps, l’Agence UR met en place une politique d’expulsion des résidents en partant du principe que l’immeuble sera démoli. Par ailleurs, l’annonce de cette démolition coïncide avec l’appel du gouvernement à réduire le nombre de logements gérés par UR ; en toile de fond, s’agirait-il d’une politique de réduction et de privatisation des complexes d’habitation ? Si l’Agence avait jusqu’alors de fait assumé une fonction sociale importante dans un Japon où le logement public reste insuffisamment développé, l’agence procède dorénavant à la réorganisation et à la réduction des complexes résidentiels sur la base de données chiffrées. Or, en marge de ces équations mathématiques, des vies et des histoires impossibles à résumer par de simples « chiffres » ont pris racine dans ces ensembles d’habitat.

C’est ce que la réalisatrice montre dans son documentaire. La caméra donne à voir et entendre les espoirs d’une résidente lorsqu’elle s’y est installée il y a quarante ans, le désarroi d’un jeune homme qui affirme que ces immeubles sont sa terre natale, l’anxiété dont un résident souffre à cause de l’expulsion, des désaccords familiaux qui émergent autour du départ… Elle suit aussi la vie de celles et ceux qui refusent d’accepter la réponse de l’Agence jugée fallacieuse et continuent de vivre dans le bâtiment 73 même après la date limite imposée. La caméra vient capter avec transparence et sobriété leur quotidien et leurs sentiments.

Ayant découvert cette affaire par hasard, la réalisatrice suit ainsi de près la vie des habitants du complexe résidentiel et mène des entretiens avec des experts du logement, les employés de l’Agence UR, et ira même jusqu’à toquer à la porte du ministère japonais du territoire, des infrastructures, des transports et du tourisme. À travers cette enquête, elle interroge l’avenir du logement public au Japon dans ce documentaire atypique consacré à ce que signifie réellement « habiter ».

La réalisatrice

Née en 1975 dans la région de Tokyo, HAYAKAWA Yumiko est diplômée de la faculté de droit de l’université Seikei (département de Tokyo). Elle a aussi réalisé un Master de journalisme à l’École de journalisme de Londres. Après avoir d’abord travaillé comme fonctionnaire puis employée d’entreprise, elle décide de devenir journaliste et prend la direction du Royaume-Uni en 2007. En parallèle de ses études de journalisme, elle commence à apprendre en autodidacte les techniques de réalisation audiovisuelle. Elle réalise alors en 2009 son premier film, Brian & Co. Parliament Square SW1 [Buraian to nakama tachi pāramento sukuea SW1, ブライアンと仲間たち パーラメント・スクエアSW1], qui suit l’activiste pacifiste Brian Haw devant le Parlement britannique, et qui recevra le Prix du nouveau talent Kuroda Kiyoshi (JCJ) décerné par la Conférence japonaise des journalistes.

Elle rentre au Japon en 2009 et s’installe à Tokyo, où elle poursuit depuis son activité de documentariste et réalise en 2011 Adieu, logement public [Sayōnara UR, さようならUR], consacré aux problèmes du logement public au Japon. Son film remporte le Prix IDEHA de Sky PerfecTV! au Festival international du film documentaire de Yamagata. Parmi ses autres œuvres figurent Mme Kida, le nucléaire et le Japon [Kida-san to genpatsu soshite nihon, 木田さんと原発、そして日本], en 2013, Journal d’Inde : Les femmes du figuier banyan [Indo nikki: gajumaru no ki no onnatachi, インド日記 ガジュマルの木の女たち], en 2016, et Nichinichi Shin: Le village Hinata au début du printemps [Nichinichi shin: sōshun no hinata atarashiki mura, 日々新早春の日向新しき村], en 2020.

Parallèlement à la réalisation de ses propres films, elle organise des ateliers de tournage et de montage en utilisant les smartphones et les caméras vidéo, afin de stimuler et d’aider les citoyens à produire et diffuser de l’information. En 2021, elle reçoit le 4ᵉ Prix des droits humains Pro-Citoyen, qui récompense les organisations et les individus actifs dans les mouvements syndicaux et citoyens. Depuis avril 2025, elle enseigne l’expression audiovisuelle au sein de la faculté de gestion de l’université Seikei.

Bande-annonce sous-titrée en anglais

Cette fiche a été préparée par Mathis Souverain.

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Tokyo Uber Blues [東京自転車節], d’AOYAGI Taku

Film primé lors de la 2e édition du festival Fenêtres sur le Japon.

Projection 10 avril 2026 (Marseille)

Projection en VO sous-titrée français au Videodrome 2 (49 Cours Julien, 13006 Marseille) le 10 avril 2026 à 20 h 30 (prix libre, et adhésion à l’association de 8 € lors de la première visite). La séance sera suivie d’une discussion avec Nicolas Pinet, sociologue et enseignant en études japonaises.

→ Données techniques

Titre original : Tōkyō jitensha bushi [東京自転車節]
Réalisateur : AOYAGI Taku [青柳 拓]
Année : 2022
Durée : 93 min.
Pays : Japon
Langue : japonais
Sous-titres : français
Production : ŌSAWA Kazuo [大澤一生]
Image : AOYAGI Taku, TSUJII Kiyoshi [辻井潔], ŌSAWA Kazuo
Musique : AKIYAMA Shū [秋山周]
Montage : TSUJII Kiyoshi

Synopsis

Avec la pandémie de Covid-19 au Japon, AOYAGI Taku, jeune diplômé d’une école de cinéma lesté d’une dette étudiante de 35 000 € se retrouve au chômage. Il décide de quitter sa région natale pour tenter sa chance à Tokyo, en rejoignant la plateforme de livraison Uber Eats. À l’aide d’un dispositif minimaliste, équipé de son smartphone et d’une caméra GoPro, le réalisateur filme son quotidien. Il nous entraîne dans une plongée inédite dans la capitale en pleine crise sanitaire, vue du côté du monde du travail et des « indispensables ». Autobiographie documentaire burlesque d’un Sisyphe millénial, Tokyo Uber Blues interroge, non sans autodérision, les nouvelles formes d’asservissement du « capitalisme de plateforme » et leur impact sur les rapports sociaux.

Réalisateur

Né en 1993 à Ichikawamisato dans le département de Yamanashi, AOYAGI Taku s’est formé au documentaire à l’Institut japonais de l’image animée, l’école de cinéma fondée par IMAMURA Shōhei. Il réalise le moyen-métrage de fin d’étude La ville où marche Hī [Hī-kun no aruku machi ひいくんのあるく町], tourné dans sa ville natale. Le film connaît même une sortie en salles en 2017. En 2019, il participe en tant que cadreur à la production de IDOL : Ah, impitoyable [IDOL – ā mujō IDOL–あゝ無情] documentaire sur un camp de recrutement d’idoles de l’agence artistique WACK. Il documente l’exposition du collectif d’artistes contemporains hyslom [ヒスロム] en Pologne et réalise le court-métrage Creuser un puits [Ido o, horu 井戸ヲ、ホル, 2020] également tourné dans sa ville natale. En 2021 il est sélectionné par la revue mensuelle Les Cahiers des beaux-arts [Bijutsu techō 美術手帖] comme l’un des cent artistes prometteurs des années 2020. Tokyo Uber Blues est son premier long métrage.

→ Bande annonce (vosta)

Projection samedi 14 février 2026 (Saint-Denis)

Dans le cadre du 4ᵉ festival Regards Satellites (anciennement Journées cinématographiques dionysiennes), qui se tiendra du vendredi 13 au dimanche 22 février 2026, l’association Fenêtres sur le Japon propose une programmation intitulée : Les damnés du bitume : capitalisme de plateforme et exploitation. Cette séance comprendra une projection à l’Écran de Saint-Denis le samedi 14 février 2026 à 16 h 00 du film Tokyo Uber Blues [東京自転車節], d’AOYAGI Taku. La programmation inclut également, le même jour à 14 h 00, le documentaire Riders (El repartidor está en camino, 2024) de Martín Rejtman, tourné pendant la pandémie entre Buenos Aires, Caracas et Colonia Tovar. Les projections seront suivies d’une discussion animée par Dimitri Ianni (chercheur et programmateur cinéma) avec Patrick Cingolani, professeur de sociologie (université Paris-Cité) et auteur de La colonisation du quotidien : dans les laboratoires du capitalisme de plateforme (Éditions Amsterdam), et Bilal Diakhate, président du C.I.E.L. – Collectif pour l’Insertion et l’Émancipation des Livreurs. Découvrir le programme du festival : Programme Regards Satellites 2026

Projection jeudi 15 mai 2025 (Saint-André-de-Cubzac)

Projection le 15 mai 2025 à 19 h 15 au cinéma Villa Monciné (40 Av. Boucicaut, 33240 Saint-André-de-Cubzac). La séance sera suivie d’une discussion avec Guillaume Muller, Maître de conférences au département d’études japonaises de l’Université Bordeaux Montaigne et Jonathan L’Utile Chevallier, coordinateur de la Maison des livreurs de Bordeaux (14 Rue du Fort Louis, 33800 Bordeaux).

Projection mercredi 30 avril 2025 (Metz)

Projection le 30 avril 2025 à 14 h 30 à l’Espace Bernard-Marie Koltès (Île du Saulcy, 57 000 Metz). La séance sera suivie d’une discussion avec Quentin Moscato, doctorant en sociologie au Centre de Recherche sur les Expertises, les Arts et les Transitions (CREAT), et Lucie Rydzek, doctorante spécialiste du cinéma japonais au CREAT. Projection gratuite sur inscription.

Projection jeudi 10 avril 2025 (Carouge)

Projection le 10 avril 2025 à 18 h 00 au Cinéma Bio (Rue Saint-Joseph 47, CH – 1227 Carouge, Suisse). La séance sera suivie d’une discussion avec Dimitri Ianni.

Projection mardi 8 avril 2025 (Bordeaux)

Projection le 8 avril 2025 à 17 h 30 au Cinéma Utopia à Bordeaux dans le cadre de la reprise du palmarès de la 2e édition du Festival Fenêtres sur le Japon. La séance sera suivie d’une discussion avec Fabienne Duteil-Ogata, Ethnologue, Maître de conférences au Département des études japonaises de l’Université de Bordeaux-Montaigne et Jonathan L’Utile Chevallier, coordinateur de la Maison des livreurs de Bordeaux (14 Rue du Fort Louis, 33800 Bordeaux).

Projection mardi 15 octobre 2024 (Paris)

Projection le 15 octobre 2024 à 18 h 30 au Forum des images à Paris dans le cadre de la reprise du palmarès de la 2e édition du Festival Fenêtres sur le Japon. La séance sera suivie d’une discussion avec Patrick Cingolani, professeur de sociologie (université Paris-Cité).

Projection dimanche 2 juin 2024 (Annecy)

Projection le 2 juin 2024 à 18 h 30 au Cinéma La Turbine (3 Rue des Tisserands 74960 Annecy). Cette séance fait partie de Japannecy (événement 100% Culture Japonaise à Annecy) et sera présentée par Charlotte Lamotte, anthropologue et spécialiste du Japon, enseignante à l’université de Grenoble-Alpes.

Projection mardi 9 avril 2024 (Orléans)

Projection au cinéma Les Carmes le 9 avril à 19 h 30. La séance sera suivie d’une discussion avec Aline Henninger, maîtresse de conférences en études japonaises à l’université d’Orléans.