Catégories
Bordeaux Fenêtres sur le Japon 2025-2026 Paris Prochaines projections

Adieu, logement public [さようならUR], de HAYAKAWA Yumiko

Projection le 7 avril 2026 (Bordeaux)

Projection le mardi 7 avril 2026 (heure à confirmer) au Cinéma Utopia (5 Place Camille Jullian, 33000 Bordeaux). La projection sera suivie d’une discussion avec la réalisatrice.

Projection le 8 avril 2026 (Paris)

Projection le mercredi 8 avril 2026 à 18 h dans l’amphithéâtre 8 de l’INALCO (65 rue des Grands Moulins, Paris 13e). La projection sera suivie d’une discussion avec la réalisatrice.

Données techniques

Titre original : Sayonara UR [さようならUR]
Titre anglais : Goodbye UR – Japanese Social Housing Crisis
Réalisatrice : HAYAKAWA Yumiko 早川由美子
Année : 2011
Durée : 73 min.
Pays : Japon
Langue : japonais
Sous-titres : français
Image : HAYAKAWA Yumiko
Son : HAYAKAWA Yumiko
Montage : HAYAKAWA Yumiko
Musique : Sage, OKA Yūko 岡ゆう子, Hou
Production : Petite Adventure Films

Synopsis

Le bâtiment 73 de la résidence Takahatadai, gérée par l’Agence de renaissance urbaine (UR) – l’organisme issu des transformations de la Régie japonaise du logement – à Hino (métropole de Tokyo), est voué à la démolition en raison d’une résistance sismique jugée trop faible. Jusqu’alors, les résidents avaient été informés par l’Agence que des travaux de renforcement parasismique seraient effectués. Ils sont donc stupéfaits par ce revirement soudain.

Le bâtiment est-il réellement dangereux ? Ne peut-on pas le rénover ? Animés par ces questions, les habitants déposent des demandes d’accès à l’information pour obtenir des justifications. Mais les plans de structure sont intégralement censurés et le processus décisionnel reste opaque. Pendant ce temps, l’Agence UR met en place une politique d’expulsion des résidents en partant du principe que l’immeuble sera démoli. Par ailleurs, l’annonce de cette démolition coïncide avec l’appel du gouvernement à réduire le nombre de logements gérés par UR ; en toile de fond, s’agirait-il d’une politique de réduction et de privatisation des complexes d’habitation ? Si l’Agence avait jusqu’alors de fait assumé une fonction sociale importante dans un Japon où le logement public reste insuffisamment développé, l’agence procède dorénavant à la réorganisation et à la réduction des complexes résidentiels sur la base de données chiffrées. Or, en marge de ces équations mathématiques, des vies et des histoires impossibles à résumer par de simples « chiffres » ont pris racine dans ces ensembles d’habitat.

C’est ce que la réalisatrice montre dans son documentaire. La caméra donne à voir et entendre les espoirs d’une résidente lorsqu’elle s’y est installée il y a quarante ans, le désarroi d’un jeune homme qui affirme que ces immeubles sont sa terre natale, l’anxiété dont un résident souffre à cause de l’expulsion, des désaccords familiaux qui émergent autour du départ… Elle suit aussi la vie de celles et ceux qui refusent d’accepter la réponse de l’Agence jugée fallacieuse et continuent de vivre dans le bâtiment 73 même après la date limite imposée. La caméra vient capter avec transparence et sobriété leur quotidien et leurs sentiments.

Ayant découvert cette affaire par hasard, la réalisatrice suit ainsi de près la vie des habitants du complexe résidentiel et mène des entretiens avec des experts du logement, les employés de l’Agence UR, et ira même jusqu’à toquer à la porte du ministère japonais du territoire, des infrastructures, des transports et du tourisme. À travers cette enquête, elle interroge l’avenir du logement public au Japon dans ce documentaire atypique consacré à ce que signifie réellement « habiter ».

La réalisatrice

Née en 1975 dans la région de Tokyo, HAYAKAWA Yumiko est diplômée de la faculté de droit de l’université Seikei (département de Tokyo). Elle a aussi réalisé un Master de journalisme à l’École de journalisme de Londres. Après avoir d’abord travaillé comme fonctionnaire puis employée d’entreprise, elle décide de devenir journaliste et prend la direction du Royaume-Uni en 2007. En parallèle de ses études de journalisme, elle commence à apprendre en autodidacte les techniques de réalisation audiovisuelle. Elle réalise alors en 2009 son premier film, Brian & Co. Parliament Square SW1 [Buraian to nakama tachi pāramento sukuea SW1, ブライアンと仲間たち パーラメント・スクエアSW1], qui suit l’activiste pacifiste Brian Haw devant le Parlement britannique, et qui recevra le Prix du nouveau talent Kuroda Kiyoshi (JCJ) décerné par la Conférence japonaise des journalistes.

Elle rentre au Japon en 2009 et s’installe à Tokyo, où elle poursuit depuis son activité de documentariste et réalise en 2011 Adieu, logement public [Sayōnara UR, さようならUR], consacré aux problèmes du logement public au Japon. Son film remporte le Prix IDEHA de Sky PerfecTV! au Festival international du film documentaire de Yamagata. Parmi ses autres œuvres figurent Mme Kida, le nucléaire et le Japon [Kida-san to genpatsu soshite nihon, 木田さんと原発、そして日本], en 2013, Journal d’Inde : Les femmes du figuier banyan [Indo nikki: gajumaru no ki no onnatachi, インド日記 ガジュマルの木の女たち], en 2016, et Nichinichi Shin: Le village Hinata au début du printemps [Nichinichi shin: sōshun no hinata atarashiki mura, 日々新早春の日向新しき村], en 2020.

Parallèlement à la réalisation de ses propres films, elle organise des ateliers de tournage et de montage en utilisant les smartphones et les caméras vidéo, afin de stimuler et d’aider les citoyens à produire et diffuser de l’information. En 2021, elle reçoit le 4ᵉ Prix des droits humains Pro-Citoyen, qui récompense les organisations et les individus actifs dans les mouvements syndicaux et citoyens. Depuis avril 2025, elle enseigne l’expression audiovisuelle au sein de la faculté de gestion de l’université Seikei.

Bande-annonce sous-titrée en anglais

Cette fiche a été préparée par Mathis Souverain.

Catégories
Fenêtres sur le Japon 2025-2026 Orléans Prochaines projections

L’Autre Hiroshima : Les victimes coréennes de la bombe A racontent leur histoire [もうひとつのヒロシマ 아리랑(アリラン)のうた], de PARK Soo-nam

Projection le 4 mars 2026 (Orléans)

Projection mercredi 4 mars à 9 h 30 au cinéma Les Carmes (7 Rue des Carmes, 45000 Orléans). La séance sera suivie d’une discussion avec Mathis Raussin, étudiant en Master Langues et Sociétés, parcours Traduction et communication multilingue à l’université d’Orléans, ayant réalisé le sous-titrage français du film ; et Shimosakai Mayumi, maîtresse de conférences en études japonaises à l’université d’Orléans et spécialiste de la question des Coréens zainichi.

Données techniques

Titre original : Mō hitotsu no Hiroshima – Ariran no uta [もうひとつのヒロシマーアリランのうた]
Réalisatrice : PARK Soo-nam [パク・スナム ou 朴壽南]
Année : 1986
Durée : 58 min.
Pays : Japon
Langue : japonais et coréen
Sous-titres : français (par Mathis Raussin) – Sous-titres réalisés dans le cadre de la formation du Master Langues et Sociétés, parcours Traduction et communication multilingue à l’université d’Orléans
Image : ŌTSU Kōshirō 大津幸四郎, HOSHINO Kin.ichi 星野欣一
Montage : TOMIZUKA Ryōichi 富塚良一
Son : KATTŌ Isamu 甲藤勇
Musique : HARA Masami 原正美
Production : Aoyama Kikaku (Yi Hae-son 李海先), Comité de production La chanson Arirang

Synopsis

Documentaire pionnier, L’Autre Hiroshima : La chanson Arirang met pour la première fois en lumière la réalité longtemps occultée des Coréens victimes des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki. Estimées à près de 100 000 personnes, ces victimes ont été abandonnées par les gouvernements japonais, nord-coréen et sud-coréen. Fruit de vingt années de recherches, le film a été réalisé au cœur du « bidonville de la bombe atomique » d’Hiroshima. Bénéficiant de la collaboration du célèbre chef opérateur ŌTSU Kōshirō 大津幸四郎, qui a notamment travaillé avec OGAWA Shinsuke 小川紳介 et TSUCHIMOTO Noriaki 土本典昭, la réalisatrice, alors sans expérience cinématographique, a consacré toutes ses économies à ce projet. Elle y a recueilli de précieux témoignages de résidents nord et sud-coréens (zainichi) vivant à Hiroshima, ainsi que de hibakusha sud-coréens venus au Japon pour se faire soigner. À travers ces récits, elle appelle ses compatriotes à prendre conscience qu’« il n’y a pas de 38e parallèle quand il s’agit de la bombe atomique ». La révélation de l’existence de victimes coréennes de la bombe atomique a provoqué une véritable onde de choc au Japon, où les Coréens étaient jusque-là quasiment absents du mouvement pacifiste antinucléaire. Le film a été diffusé dans le cadre de projections autonomes, organisées par des associations locales, dans plus de 300 lieux à travers le pays, réunissant près de 40 000 spectateurs entre 1986 et 1991.

→ Notes de production

« La première fois que je me suis rendue à Hiroshima pour rencontrer d’autres zainichi hibakusha — des survivants coréens de la bombe atomique vivant au Japon —, c’était à l’été 1965. Vingt ans s’étaient écoulés depuis l’explosion de la bombe. Cet été-là, le vingtième également depuis la fin de la colonisation japonaise, la Corée du Sud était en pleine effervescence politique. Après de longues années de négociations autour des dommages subis et du droit à une compensation légale, les gouvernements coréen et japonais étaient parvenus à un accord. En 1965, le Japon conclut un arrangement politique avec le gouvernement provisoire de Park Chung-hee, arrivé au pouvoir après le coup d’État du 16 mai 1961, concernant les quelque 100 000 hibakusha coréens toujours privés de reconnaissance officielle. Cet accord prévoyait deux cents millions de dollars de prêts et trois cents millions de dollars d’aide économique. En Corée, les protestations contre ces “relations étrangères ignominieuses” et contre la ratification de ce “pacte de trahison” se multipliaient et étaient relayées quotidiennement par la presse japonaise. C’est dans ce contexte que je suis arrivée à Hiroshima. Pourtant, ce que j’y ai découvert, ce fut un silence profond, ainsi que l’isolement de mes compatriotes. Aucun d’entre eux n’osait se présenter comme hibakusha. Cinq années se sont écoulées depuis ce premier voyage. Après le rapprochement entre la Corée du Sud et le Japon, les tensions entre le Nord et le Sud s’étaient intensifiées à Hiroshima. J’ai alors lancé un appel à mes compatriotes, organisé les hibakusha coréens et initié un mouvement de témoignage dans la ville. La lutte des hibakusha coréens pour reconquérir leur vie venait de commencer. Ce mouvement a trouvé un écho chez les hibakusha sud-coréens, qui ont pris la parole et fondé l’Association des victimes sud-coréennes de la bombe atomique. Des hibakusha ayant travaillé pour Mitsubishi Heavy Industries, ou ayant été enrôlés de force, ont commencé à m’envoyer des lettres, me demandant de les publier au Japon. En 1973, j’ai rassemblé ces courriers dans un recueil de documents et de témoignages intitulé Corée, Hiroshima et Demi-Japonais (Chōsen Hiroshima han nihonjin 朝鮮・ヒロシマ・半日本人), publié aux éditions Sanseidō. La projection de ce film lors de la Conférence mondiale contre les bombes atomiques et à hydrogène (Gensuibaku kinshi Nihon kokumin kaigi 原水爆禁止日本国民会議) en août 1987 a permis l’adoption d’une résolution affirmant que “le gouvernement japonais doit indemniser les hibakusha coréens bombardés contre leur gré du fait de la colonisation”. Quarante-deux ans après le bombardement, cette reconnaissance est pourtant arrivée bien trop tard. En réponse à ces conclusions, l’Association des victimes sud-coréennes de la bombe atomique a déposé, le 6 décembre de la même année, une demande de compensation de 2,6 milliards de dollars auprès du gouvernement japonais. » (PARK Soo-nam).

→ La réalisatrice

PARK Soo‑nam [パク・スナム ou 朴壽南], née en 1935 au Japon dans une famille de Coréens zainichi [c’est-à-dire installés au Japon], est une écrivaine, réalisatrice et figure majeure du cinéma documentaire engagé. Depuis les années 1960, elle consacre sa vie à documenter les voix et les expériences des Coréens marginalisés au Japon, notamment des survivants de la bombe atomique, des travailleurs forcés et des femmes victimes de l’armée impériale japonaise. Elle s’est d’abord fait connaître par ses ouvrages littéraires, notamment Crime, Mort, et Amour [Tsumi to shi to ai 罪と死と愛] et Recueil complet des lettres de Lee Jin‑woo [Lee Jin‑woo zen shokanshū 李珍宇全書簡集], recueils de sa correspondance avec Lee Jin‑woo, le jeune Coréen condamné à mort dans l’affaire du lycée Komatsugawa en 1958. Ces livres attirèrent l’attention sur les injustices subies par les Coréens zainichi dans la société japonaise. En 1965, PARK entreprend des recherches à Hiroshima sur les conditions de vie réelles des hibakusha coréens, un sujet alors presque absent du débat public. En 1973, elle publie Corée, Hiroshima et Demi‑Japonais [Chōsen Hiroshima han nihonjin 朝鮮・ヒロシマ・半日本人], un recueil de témoignages de hibakusha coréens mettant en lumière la situation de Coréens victimes de la bombe atomique, marginalisés à cause du colonialisme passé et des politiques du gouvernement japonais. En 1986, elle réalise son premier film documentaire, L’Autre Hiroshima : la chanson Arirang. Ce film, fruit de vingt années de recherche sur le terrain, révèle des témoignages jusque‑là invisibilisés et dénonce les conditions de vie difficiles des hibakusha nord et sud-coréens à Hiroshima. En 1991, elle signe La Chanson Arirang : Voix d’Okinawa [Ariran no uta − Okinawa kara no shōgen アリランのうた−オキナワからの証言], un documentaire qui explore l’héritage colonial et la mémoire des Coréens à Okinawa, entre travailleurs forcés et femmes dites « de réconfort ». Le film recueille notamment le témoignage de Pae Pon‑gi, la seule survivante à parler publiquement comme ancienne « femme de réconfort » à l’époque, et anticipe le débat national sur cette question dans les années 1990, mobilisant près de 200 000 spectateurs lors de projections populaires et auto-organisées. Dans les années 2010, PARK réalise plusieurs documentaires approfondissant l’histoire oubliée et les voix silencieuses des Coréens au Japon. En 2012, Nuchigafu — La vie est un trésor : Récits de la bataille d’Okinawa [Nuchigafū (inochi kahō) − gyokusaiba kara no shōgen ぬちがふぅ(命果報)−玉砕場からの証言] recueille des témoignages sur les atrocités vécues par les Coréens pendant la bataille d’Okinawa. En 2017, Le Silence — Les femmes de réconfort se lèvent [Chinmoku − tachiagaru ianfu 沈黙−立ち上がる慰安婦] documente la lutte des femmes coréennes qui furent forcées de servir comme « femmes de réconfort » par l’armée impériale japonaise, donnant une voix aux victimes longtemps réduites au silence. Plus récemment, PARK Soo‑nam a réalisé, avec sa fille PARK Maeui, Les Voix revenantes. Ce documentaire restitue le processus de restauration de son corpus de films en 16 mm et retraçe la vie et l’engagement de la cinéaste. À travers son œuvre littéraire et cinématographique, PARK Soo‑nam a joué un rôle essentiel dans la reconnaissance des histoires marginalisées des Coréens au Japon, combinant recueil de témoignages, préservation de la mémoire collective et engagement politique.

Catégories
Fenêtres sur le Japon 2025-2026 Orléans Prochaines projections

Les Filles de la guerre [戦場の女たち], de SEKIGUCHI Yuka

Projection le 4 mars 2026 (Orléans)

Projection mercredi 4 mars à 11 h au cinéma Les Carmes (7 Rue des Carmes, 45000 Orléans). La séance sera suivie d’une discussion avec Emmy Piresse, étudiante en Master Langues et Sociétés, parcours Traduction et communication multilingue à l’université d’Orléans, ayant réalisé le sous-titrage français du film ; et Shimosakai Mayumi, maîtresse de conférences en études japonaises à l’université d’Orléans.

Données techniques

Titre original : Senjō no onnatachi [戦場の女たち]
Titre anglais : Daughters of war
Réalisatrice : SEKIGUCHI Yuka 関口祐加
Année : 1989
Durée : 55 min.
Pays : Japon, Australie
Langue : japonais, anglais, tok pisin et hiri motu
Sous-titres : français (par Emmy Piresse) – Sous-titres réalisés dans le cadre de la formation du Master Langues et Sociétés, parcours Traduction et communication multilingue à l’université d’Orléans
Image : Chris OWEN, SHIMIZU Yoshio 清水良雄
Son : SEKIGUCHI Yuka, TAKIZAWA Osamu 滝沢修
Montage : SEKIGUCHI Yuka, KOIKE Masato 小池征人, SHIMIZU Chieko 清水千恵子
Musique : KOMURO Hitoshi 小室等
Production : SEKIGUCHI Yuka, Tenchijin productions (Australie)
Producteurs associés : Chris OWEN, YAMAGAMI Tetsujirō 山上徹二郎
Distribution : SIGLO Co., LTD (Tokyo)

Synopsis

Pour le gouvernement japonais d’alors, la guerre du Pacifique de 1941 à 1945 ne constituait qu’un volet de la « Grande Guerre d’Asie orientale ». Celle-ci se voulait une entreprise de libération de l’Asie et du Pacifique des chaînes économiques du colonialisme européen, visant à instaurer la « Sphère de coprospérité de la Grande Asie orientale ». Au cours de cette guerre, la campagne de Nouvelle-Guinée (janvier 1942 – août 1945) oppose les armées australiennes et états-uniennes aux forces japonaises. On estime qu’environ 140 000 soldats japonais trouveront la mort en Papouasie–Nouvelle-Guinée, et que seuls 11 000 d’entre eux regagneront le Japon. Longtemps considérée comme une « guerre oubliée », cette campagne, tout comme ses vétérans, n’a jamais bénéficié d’une véritable reconnaissance publique au Japon. Fruit de sept années de travail, Les Filles de la guerre donne la parole aux habitants de Papouasie–Nouvelle-Guinée, et en particulier aux femmes, qui ont payé le plus lourd tribut durant les trois années d’occupation japonaise. Leurs témoignages, rares et précieux, révèlent les violences et les mauvais traitements infligés par l’armée aux populations civiles, tout en levant le voile sur la question des « femmes de réconfort ». Recrutées sous de faux prétextes – promesses d’emplois en usine – ces femmes, majoritairement coréennes, furent réduites à l’esclavage sexuel au service des troupes. Œuvre pionnière, Les Filles de la guerre compte parmi les premiers films japonais à apporter des éléments concrets sur le système des femmes de réconfort mis en place par le gouvernement japonais. En donnant voix aux civils contraints de survivre dans un véritable enfer, le film met en lumière une mémoire longtemps invisibilisée et rappelle que, pour nombre de victimes, les souffrances occasionnées par la guerre ont perduré après 1945.

→ La réalisatrice

Originaire de Yokohama, SEKIGUCHI Yuka est une anthropologue, écrivaine et réalisatrice japonaise. Diplômée de l’Université internationale de Tokyo en 1982, elle poursuit ses études à l’Australian National University (Canberra, Australie), où elle se spécialise en relations internationales. C’est au cours de ces études qu’elle découvre le cinéma documentaire, vers lequel elle s’oriente alors. En 1985 elle produit et réalise une première version vidéo de 20 minutes de Les Filles de la guerre. Tandis qu’elle poursuit ses recherches, elle travaille aussi comme assistante-monteuse auprès de figures majeures du documentaire australien, telles que Dennis O’Rourke ou Andrew Pike, réalisateur et fondateur de la société de distribution Ronin Films. On lui doit aussi la traduction anglaise des notes de production de L’armée de l’empereur s’avance [Yuki yukite shingun ゆきゆきて、神軍, 1987], documentaire réalisé par HARA Kazuo 原一男. En 1989 elle achève une version moyen-métrage de Les Filles de la guerre, signé alors sous le nom : SEKIGUCHI Noriko 関口典子. Son film est largement primé : il reçoit notamment le Grand Prix du documentaire au Festival international du film de Melbourne ainsi que le prix du meilleur documentaire historique au Festival international du film de San Francisco. Il est également sélectionné en compétition au 12ᵉ Festival international de films de femmes de Créteil et projeté en 1990 lors de la rétrospective « Le documentaire japonais » de la 20ᵉ édition du Cinéma du Réel. En 1992, elle réalise When Mrs. Hegarty Comes to Japan, un documentaire dans lequel elle explore avec finesse et humour les relations interculturelles. Enseignant la réalisation dans plusieurs universités et écoles de cinéma australiennes, elle poursuit en parallèle son travail de cinéaste et réalise en 2007 Fat Chance, documentaire intime retraçant six mois d’efforts intensifs pour retrouver la forme à l’approche de son cinquantième anniversaire. Le film reçoit en 2009 le prix de l’Association des bibliothèques états-uniennes. En janvier 2010, confrontée aux premiers signes de démence de sa mère Hiroko, elle met en pause ses activités professionnelles et retourne au Japon pour se consacrer à elle, après avoir vécu vingt-neuf ans en Australie. Elle filme leur quotidien et réalise la série documentaire Chaque jour, c’est Alzheimer [Mainichi ga arutsuhaimā 毎日がアルツハイマー], dans laquelle elle aborde la maladie avec un regard singulier, mêlant humour, tendresse et lucidité. En 2011, elle fonde la société de production NY GALS FILMS avec la réalisatrice SHIBUYA Nobuko 渋谷昶子, spécialiste reconnue du secteur. Au Japon, la société Siglo s’associe à la production et à la distribution de sa série documentaire. En 2014 sort Chaque jour, c’est Alzheimer 2 – La réalisatrice Sekiguchi part en Angleterre [Mainichi ga arutsuhaimā 2 : Sekiguchi kantoku, Igirisu e iku hen 毎日がアルツハイマー2〜関口監督、イギリスへ行く編〜] et en 2018 le dernier volet : Chaque jour c’est Alzheimer : La fin, le moment de la mort [Mainichi ga Alzheimer : The Final Saigo ni shinutoki 毎日がアルツハイマー ザ・ファイナル 最期に死ぬ時]. SEKIGUCHI Yuka accompagne sa mère pendant neuf ans et neuf mois, jusqu’au décès de celle-ci en 2019, poursuivant une réflexion profondément humaine sur la démence, le vieillissement et les liens familiaux.

Catégories
Festival 2025 Films sélectionnés pour l’édition 2025 Orléans Paris Prochaines projections

Close to the Bone [骨を掘る男], d’OKUMA Katsuya

Projection le 6 mars 2026 (Orléans)

Projection vendredi 6 mars à 16 h 30 au cinéma Les Carmes (7 Rue des Carmes, 45000 Orléans). La séance sera suivie d’une discussion avec Mayumi Shimosakai, maîtresse de conférences en études japonaises à l’université d’Orléans. (Possibilité de réserver un bentō pour après la séance, 18 h 30.)

→ Données techniques

Titre original : Hone o horu otoko [骨を掘る男]
Réalisateurs : OKUMA Katsuya [奥間勝也]
Année : 2024
Durée : 115 min
Pays : Japon
Langue : japonais, anglais
Production : Moolin Production, Dynamo Production
Image : OKUMA Katsuya
Son : KAWAKAMI Takuya [川上拓也]
Musique : YOSHIHAMA Shō [吉濱翔]
Montage : OKUMA Katsuya
Sous-titres : français

Synopsis

Près de 3 000 dépouilles reposent encore sur l’île principale d’Okinawa, théâtre de la dernière grande bataille terrestre du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, et l’une des plus meurtrières. Elles appartiennent à des habitants et soldats japonais, mais aussi à des Américains, Coréens et Taïwanais. Le gouvernement japonais prévoit pourtant d’utiliser ces décombres pour le remblaiement de la mer afin de construire la nouvelle base militaire de Henoko. Depuis plus de 40 ans, GUSHIKEN Takamatsu [具志堅隆松] collecte les restes des victimes, en ayant retrouvé environ 400 à ce jour. Il se définit comme gamafuyā ガマフヤー (en dialecte d’Okinawa, gama signifie « abri naturel » et fuyā « celui qui creuse »). À partir d’os fragmentés, de bols ou d’éclats de grenades, il distingue soldats et civils, reconstitue leurs derniers instants et leur rend hommage. Ce documentaire d’OKUMA Katsuya, ayant lui-même perdu sa grand-tante lors des combats, décrit comment la recherche de restes et d’archives filmiques contribuent à entretenir la mémoire collective de la guerre. Le film explore l’articulation entre passé, présent et futur, tout en interrogeant notre devoir de mémoire dans un monde marqué par les guerres et les divisions.

Réalisateur

Natif d’Okinawa, après avoir obtenu un master en littérature à l’Université des Ryūkyū, OKUMA Katsuya s’installe à Tokyo. Il est assistant réalisateur sur la séquence okinawaïenne du film Three☆Points [Surī pointo スリー☆ポイント] (2011) réalisé par YAMAMOTO Masashi 山本政志. Il participe à las barcas, média fondé par un collectif de jeunes artistes d’Okinawa. Son moyen-métrage Gift [Gifuto ギフト], fable entre fiction et réalité tournée à Naha, est sélectionné dans la section « New Asian Currents » du Festival international du documentaire de Yamagata 2011, ainsi qu’en compétition internationale du festival Vision du Réel 2012. Each Story [Radakku sorezore no monogatari ラダック それぞれの物語] tourné dans la région du Ladakh, dans le nord de l’Inde, est primé par le Festival international du documentaire de Yamagata 2015. Il a également reçu le prix ATP du meilleur nouveau réalisateur décerné par l’Association des producteurs de programmes télévisés japonais pour Le film fantôme « Hiroshima » renaît aujourd’hui : l’héritage des cinéastes [いま甦る幻の映画『ひろしま』〜受け継がれていく映画人の想い〜 Ima yomigaeru maboroshi no eiga “Hiroshima”~ uketsuga rete iku eiga hito no omoi ~] (2015) diffusé sur la chaîne WOWOW. Ce documentaire revient sur l’histoire de la conception, production et réception de Hiroshima [ひろしま] (1953) de Sekigawa Hideo 関川秀雄 et la transmission de son héritage.

→ Bande-annonce en japonais sans sous-titres

Ce film fait partie des 5 documentaires sélectionnés pour le festival Fenêtres sur le Japon 2025. Il sera projeté le samedi 22 novembre 2025 à 9 h 15 dans l’amphithéâtre Buffon du campus des Grands Moulins de l’université Paris-Cité (au RdC du bâtiment Buffon – l’entrée se trouve au 15 rue Hélène Brion, Paris 13e). La projection sera suivie d’une discussion en visioconférence avec le réalisateur, animée par Constance Sereni (université de Genève). L’interprétariat sera assuré par Makiko Andro-Ueda (Inalco) et Aki Yoshida (Inalco).

Catégories
Bordeaux Fenêtres sur le Japon 2024-2025 Festival 2025 Films sélectionnés pour l’édition 2025 Orléans Paris Prochaines projections Programme de l’édition 2025

Les Voix revenantes [되살아나는 목소리], de PARK Soo-nam & PARK Maeui

Film primé lors de la 3e édition du festival Fenêtres sur le Japon.

Projection le 10 février 2026 (Bordeaux)

Projection le mardi 10 février 2026 à 20 h 15 au Cinéma Utopia (5 Pl. Camille Jullian, 33000 Bordeaux). La séance sera suivie d’une discussion avec Guillaume Muller, Maître de conférences en études japonaises à l’université Bordeaux Montaigne.

Données techniques

Titre original : Doesarananeun moksori [되살아나는 목소리]
Titre japonais : Yomigaeru koe [よみがえる声]
Titre anglais : Voices of the Silenced
Réalisatrices : PARK Soo-nam, PARK Maeui
Année : 2023
Durée : 142 min.
Pays : Japon, Corée du Sud
Langue : japonais, coréen
Sous-titres : français
Production : Article Films
Coproduction : Harbin Film, Song of Arirang Production Committee
Image : TERUYA Shinji, PARK Maeui, KIM Im-man, KIM Myeong-yoon, ŌTSU Kōshirō
Son : PYO Yong-Soo
Musique : MI Yeon
Montage : PARK Maeui

→ Synopsis
La cinéaste PARK Soo-nam entreprend, avec sa fille PARK Maeui, Coréenne de deuxième génération au Japon, la restauration numérique de son œuvre documentaire. Pendant une cinquantaine d’années, elle s’était consacrée à filmer en 16 mm le témoignage de dizaines de milliers de victimes coréennes, évoquant leur quotidien au Japon. Au fil de la restauration, ressurgissent les voix des travailleurs forcés, des survivants de la bombe atomique et des « femmes de réconfort », dont l’histoire reprend vie sous nos yeux.

→ Réalisatrices
Née en 1935 au Japon, PARK Soo-nam est l’autrice de The Collected Letters of Lee Jin-woo et de Crime, Death, and Love, deux recueils de sa correspondance avec le meurtrier de l’étudiante du lycée Komatsugawa (1958). En 1965, elle commence à visiter Hiroshima et à enquêter sur les conditions réelles des hibakusha (survivants de la bombe atomique) coréens En 1973, elle publie Korea, Hiroshima, Half-Japanese, recueil de témoignages d’hibakusha coréens. En 1986, elle réalise le documentaire The Other Hiroshima : Korean A-bomb Victims Tell Their Story, qui dénonce les conditions de vie réelles des hibakusha nord et sud coréens. Ce film a fait sensation lors de ses projections au Japon. Elle réalise ensuite, en 1991, Song of Arirang: Voices from Okinawa.

La réalisatrice PARK Maeui est la fille de l’écrivaine et cinéaste PARK Soo-nam. Dès son adolescence, elle collabore avec sa mère à plusieurs productions cinématographiques. Lorsque sa mère perd la vue, elle travaille au montage vidéo et à la restauration numérique de ses films 16 mm. Elle a été coréalisatrice de Nuchigafu – Life is a Treasure « Gyokusai » Stories in the Battle of Okinawa (2012). Elle a monté et produit The Silence (2016).

Tous nos remerciements au Festival Jean Rouch et à Adélie Taupin pour les sous-titres français du film.

Bande-annonce (vosta)

Ce film fait partie des 5 documentaires sélectionnés pour le festival Fenêtres sur le Japon 2025. Il sera projeté le vendredi 21 novembre 2025 à 9 h dans l’auditorium de l’INALCO (65 rue des Grands Moulins, Paris 13e). La projection sera suivie d’une discussion avec Aki Yoshida (Inalco).

Projection le 28 février 2025 (Orléans)

Projection vendredi 28 février 2025 à 13 h 30 au cinéma Les Carmes (7 Rue des Carmes, 45000 Orléans). La séance sera suivie d’une discussion avec Shimosakai Mayumi, spécialiste de la question des zainichi. (Possibilité de réserver un bentō pour après la séance.)

Catégories
Annecy Bordeaux Genève Metz Orléans Paris Prochaines projections Saint-Denis

Tokyo Uber Blues [東京自転車節], d’AOYAGI Taku

Film primé lors de la 2e édition du festival Fenêtres sur le Japon.

Projection samedi 14 février 2026 (Saint-Denis)

Dans le cadre du 4ᵉ festival Regards Satellites (anciennement Journées cinématographiques dionysiennes), qui se tiendra du vendredi 13 au dimanche 22 février 2026, l’association Fenêtres sur le Japon propose une programmation intitulée : Les damnés du bitume : capitalisme de plateforme et exploitation. Cette séance comprendra une projection à l’Écran de Saint-Denis le samedi 14 février 2026 à 16 h 00 du film Tokyo Uber Blues [東京自転車節], d’AOYAGI Taku. La programmation inclut également, le même jour à 14 h 00, le documentaire Riders (El repartidor está en camino, 2024) de Martín Rejtman, tourné pendant la pandémie entre Buenos Aires, Caracas et Colonia Tovar. Les projections seront suivies d’une discussion animée par Dimitri Ianni (chercheur et programmateur cinéma) avec Patrick Cingolani, professeur de sociologie (université Paris-Cité) et auteur de La colonisation du quotidien : dans les laboratoires du capitalisme de plateforme (Éditions Amsterdam), et Bilal Diakhate, président du C.I.E.L. – Collectif pour l’Insertion et l’Émancipation des Livreurs. Découvrir le programme du festival : Programme Regards Satellites 2026

→ Données techniques

Titre original : Tōkyō jitensha bushi [東京自転車節]
Réalisateur : AOYAGI Taku [青柳 拓]
Année : 2022
Durée : 93 min.
Pays : Japon
Langue : japonais
Sous-titres : français
Production : ŌSAWA Kazuo [大澤一生]
Image : AOYAGI Taku, TSUJII Kiyoshi [辻井潔], ŌSAWA Kazuo
Musique : AKIYAMA Shū [秋山周]
Montage : TSUJII Kiyoshi

Synopsis

Avec la pandémie de Covid-19 au Japon, AOYAGI Taku, jeune diplômé d’une école de cinéma lesté d’une dette étudiante de 35 000 € se retrouve au chômage. Il décide de quitter sa région natale pour tenter sa chance à Tokyo, en rejoignant la plateforme de livraison Uber Eats. À l’aide d’un dispositif minimaliste, équipé de son smartphone et d’une caméra GoPro, le réalisateur filme son quotidien. Il nous entraîne dans une plongée inédite dans la capitale en pleine crise sanitaire, vue du côté du monde du travail et des « indispensables ». Autobiographie documentaire burlesque d’un Sisyphe millénial, Tokyo Uber Blues interroge, non sans autodérision, les nouvelles formes d’asservissement du « capitalisme de plateforme » et leur impact sur les rapports sociaux.

Réalisateur

Né en 1993 à Ichikawamisato dans le département de Yamanashi, AOYAGI Taku s’est formé au documentaire à l’Institut japonais de l’image animée, l’école de cinéma fondée par IMAMURA Shōhei. Il réalise le moyen-métrage de fin d’étude La ville où marche Hī [Hī-kun no aruku machi ひいくんのあるく町], tourné dans sa ville natale. Le film connaît même une sortie en salles en 2017. En 2019, il participe en tant que cadreur à la production de IDOL : Ah, impitoyable [IDOL – ā mujō IDOL–あゝ無情] documentaire sur un camp de recrutement d’idoles de l’agence artistique WACK. Il documente l’exposition du collectif d’artistes contemporains hyslom [ヒスロム] en Pologne et réalise le court-métrage Creuser un puits [Ido o, horu 井戸ヲ、ホル, 2020] également tourné dans sa ville natale. En 2021 il est sélectionné par la revue mensuelle Les Cahiers des beaux-arts [Bijutsu techō 美術手帖] comme l’un des cent artistes prometteurs des années 2020. Tokyo Uber Blues est son premier long métrage.

→ Bande annonce (vosta)

Projection jeudi 15 mai 2025 (Saint-André-de-Cubzac)

Projection le 15 mai 2025 à 19 h 15 au cinéma Villa Monciné (40 Av. Boucicaut, 33240 Saint-André-de-Cubzac). La séance sera suivie d’une discussion avec Guillaume Muller, Maître de conférences au département d’études japonaises de l’Université Bordeaux Montaigne et Jonathan L’Utile Chevallier, coordinateur de la Maison des livreurs de Bordeaux (14 Rue du Fort Louis, 33800 Bordeaux).

Projection mercredi 30 avril 2025 (Metz)

Projection le 30 avril 2025 à 14 h 30 à l’Espace Bernard-Marie Koltès (Île du Saulcy, 57 000 Metz). La séance sera suivie d’une discussion avec Quentin Moscato, doctorant en sociologie au Centre de Recherche sur les Expertises, les Arts et les Transitions (CREAT), et Lucie Rydzek, doctorante spécialiste du cinéma japonais au CREAT. Projection gratuite sur inscription.

Projection jeudi 10 avril 2025 (Carouge)

Projection le 10 avril 2025 à 18 h 00 au Cinéma Bio (Rue Saint-Joseph 47, CH – 1227 Carouge, Suisse). La séance sera suivie d’une discussion avec Dimitri Ianni.

Projection mardi 8 avril 2025 (Bordeaux)

Projection le 8 avril 2025 à 17 h 30 au Cinéma Utopia à Bordeaux dans le cadre de la reprise du palmarès de la 2e édition du Festival Fenêtres sur le Japon. La séance sera suivie d’une discussion avec Fabienne Duteil-Ogata, Ethnologue, Maître de conférences au Département des études japonaises de l’Université de Bordeaux-Montaigne et Jonathan L’Utile Chevallier, coordinateur de la Maison des livreurs de Bordeaux (14 Rue du Fort Louis, 33800 Bordeaux).

Projection mardi 15 octobre 2024 (Paris)

Projection le 15 octobre 2024 à 18 h 30 au Forum des images à Paris dans le cadre de la reprise du palmarès de la 2e édition du Festival Fenêtres sur le Japon. La séance sera suivie d’une discussion avec Patrick Cingolani, professeur de sociologie (université Paris-Cité).

Projection dimanche 2 juin 2024 (Annecy)

Projection le 2 juin 2024 à 18 h 30 au Cinéma La Turbine (3 Rue des Tisserands 74960 Annecy). Cette séance fait partie de Japannecy (événement 100% Culture Japonaise à Annecy) et sera présentée par Charlotte Lamotte, anthropologue et spécialiste du Japon, enseignante à l’université de Grenoble-Alpes.

Projection mardi 9 avril 2024 (Orléans)

Projection au cinéma Les Carmes le 9 avril à 19 h 30. La séance sera suivie d’une discussion avec Aline Henninger, maîtresse de conférences en études japonaises à l’université d’Orléans.

Catégories
Fenêtres sur le Japon 2023-2024 Genève Grenoble Lussas Lussas 2022 Marseille Orléans Paris Prochaines projections Saint-Denis Tokyo

Vivre à Tatekawa [竪川に生きる], de YAMAMOTO Yōko

Projections jeudi 26 février 2026 (Grenoble)

Projection en VO sous-titrée français au cinéma le Club (9, bis rue du Phalanstère, 38000 Grenoble) le 26 février 2026 à 16 h et 19 h. Les deux séances seront suivies d’une discussion avec la réalisatrice.

Données techniques

Titre original : Tatekawa ni ikiru [竪川に生きる]
Réalisateur : YAMAMOTO Yōko [山本 容子]
Année : 2021
Durée : 100 min.
Pays : Japon
Langue : japonais
Sous-titres : français
Production : YAMAMOTO Yōko
Image : YAMAMOTO Yōko
Son : YAMAMOTO Yōko
Montage : YAMAMOTO Yōko

Synopsis

En 2012, un an avant l’attribution des Jeux Olympiques 2020 à la ville de Tokyo, j’ai rencontré un homme qui habitait dans un parc du nord-est de Tokyo et mobilisait les gens contre l’expulsion du groupe de personnes qui y vivaient. Je lui ai demandé : « Pourquoi vous ne demandez pas le RSA ? » Il m’a expliqué qu’il collectait des canettes pour gagner sa vie et m’a dit : « Si tu veux, viens voir où on habite ». Le lendemain j’y suis allée et j’ai eu envie de garder une trace de leurs vies dans un film.

→ Réalisatrice

Yoko Yamamoto (Hikari, Japon, 1976) vit en France depuis 2017. Après un master de linguistique à l’Université de Chiba (Japon), elle a étudié la photographie à l’École de photographie de Tokyo (2007). Son travail de photographe documentaire sur une petite usine de Tokyo a été publié dans le livre Tōkyō machi kōba (Raichōsha, 2008). Vivre à Tatekawa (Tatekawa ni ikiru), long-métrage documentaire terminé en 2021, faisait partie de la sélection Route du doc – Japon lors des États généraux du film documentaire 2022 de Lussas (Ardèche).

Projection mercredi 16 avril 2025 (Marseille)

Projection en VO sous-titrée français au Videodrome 2 (49 Cours Julien, 13006 Marseille) le 16 avril 2025 à 18 h (prix libre, et adhésion à l’association de 8€ lors de la première visite). La séance sera suivie d’une discussion avec la réalisatrice.

Projection mercredi 15 mai 2024 (Genève)

Projection en VO sous-titrée français à l’université de Genève (salle 102, bâtiment des Philosophes, 22 boulevard des Philosophes, 1205 Genève) le 15 mai à 18 h (entrée libre). La séance est organisée par l’Association des étudiants du Département d’études est-asiatique (Ae-Estasia).

Projection dimanche 7 avril 2024 (Orléans)

Projection au cinéma Les Carmes le 7 avril à 13 h 30. La séance sera suivie d’une discussion avec la réalisatrice animée par Nicolas Pinet.

Projection mercredi 28 février 2024 (Saint-Denis)

Projection à l’Écran de Saint-Denis le 28 février 2024 à 18 h 30 dans le cadre du 2e festival Regards satellites (auparavant Journées cinématographiques dionysiennes) qui se tiendra du 27 février au 11 mars 2024, au cinéma L’Écran de Saint-Denis. La projection sera suivie d’une discussion avec la réalisatrice. Le court métrage Olympic Trash (2023) de Erik Sémashkin sera projeté en avant-séance. L’adresse du cinéma est : 14 Passage de l’Aqueduc, 93200 Saint-Denis, métro: Basilique de Saint-Denis (ligne 13).

Projection mardi 14 novembre 2023 (Paris)

Projection au Forum des images le 14 novembre 2023 à 20 h 30. La projection sera suivie d’une discussion animée par Nicolas Pinet (sociologue).

Projection jeudi 17 novembre 2022 (Tokyo)

114e projection VIDEO ACT!
18 h 30, Tokyo Voluntary Action Center (〒162-0823 Tōkyōto, Shinjuku, Kagurakashi 1-1 – Central Plaza, 10e étage. Contact: 03-3235-1171)
Projection suivie d’une discussion en visioconférence avec YAMAMOTO Yōko.

Projections vendredi 26 août 2022 (Lussas)

Projection en VO sous-titrée français lors des États généraux du film documentaire 2022 (section Route du doc – Japon) qui se sont tenus du 21 au 27 août à Lussas (Ardèche).
Vendredi 26 août – 10h15 – Salle Scam
Vendredi 26 août – 21h30 – Salle Moulinage

Catégories
Annecy Films sélectionnés pour l’édition 2021 Genève Lussas Lussas 2022 Lyon Marseille Orléans Paris Prochaines projections Saint-Junien Vannes Vevey

Une fourmi contre-attaque [アリ地獄天国], de TSUCHIYA Tokachi

Film primé lors de la première édition du festival Fenêtres sur le Japon (2021).

Projection 17 mars 2026 (Bordeaux)

Projection en VO sous-titrée français le mardi 17 mars 2026 à 20 h 15 au Cinéma Utopia (5 Pl. Camille Jullian, 33000 Bordeaux). La séance sera suivie d’une discussion avec Christine Lévy, spécialiste des féminismes au Japon qui était maîtresse de conférences en études japonaises à l’université Bordeaux-Montaigne.

Données techniques

Titre original : Ari jigoku tengoku [アリ地獄天国]
Réalisateur : TSUCHIYA Tokachi [土屋トカチ]
Année : 2019
Durée : 98 min.
Pays : Japon
Langue : japonais
Sous-titres : français
Production : groupe Low Position
Image : TSUCHIYA Tokachi
Son : TSUCHIYA Tokachi
Montage : TSUCHIYA Tokachi

Synopsis

Selon les chiffres officiels, au Japon, entre 2006 et 2017, 5 233 personnes ont été victimes de karōshi [過労死], mot désignant la mort par surmenage. Nishimura, jeune chef des ventes d’une entreprise de déménagement travaille sans compter, jusqu’à dix-neuf heures par jour. Épuisé, il provoque un accident de la route avec son véhicule de fonction et se voit contraint de signer une reconnaissance de dette abusive envers son employeur. Pour protester contre ces pratiques illégales, il décide de rejoindre un syndicat. C’est alors que ses ennuis commencent. Il est bientôt rétrogradé, jusqu’à se retrouver en charge de la déchiqueteuse de documents. Plongée au cœur de la vie d’un employé durant trois ans, Une fourmi contre-attaque constitue une mise à nu brutale des abus d’un capitalisme toujours plus répressif. Le documentaire ouvre aussi un horizon d’espérance en filmant les actions collectives pour la défense des droits et de la dignité des travailleurs.

→ Réalisateur

TSUCHIYA Tokachi [土屋トカチ] est né en 1971 dans le département de Kyoto. Après avoir travaillé comme journalier dans différents secteurs, en étant tour à tour livreur de journaux, commis de librairie et ouvrier en usine, il débute dans le milieu du cinéma en 1999. En 2006 il fonde le collectif Low Position avec les documentaristes ĪDA Motoharu [飯田 基晴] et TOKIDA Takashi [常田高志]. Observateur du monde du travail et des laissés-pour-compte du capitalisme, il s’attache à dénoncer les black kigyō [burakku kigyō ブラック企業], terme désignant au Japon les entreprises exploitant leurs salariés dans des conditions de travail dégradées. En 2008, il se fait remarquer par un premier long-métrage A Normal Life Please [Futsū no shigoto ga shitai フツーの仕事がしたい], dans lequel il suit un conducteur livreur de béton victime de discrimination syndicale qui tente de faire valoir ses droits. Son film est primé par le 17e Festival de Raindance (Londres) et le 6e Festival international du film de Dubaï. On lui doit également The Aging Degradation [Keinen rekka 経年劣化] (2013) et Secret of Konbini [Konbini no himitsu コンビニの秘密] (2017). Une fourmi contre-attaque est son dernier long-métrage. Sélectionné au Festival international de Yamagata, il a été récompensé du prix Nippon Online lors de la 20e édition du festival Nippon Connection (Francfort).

Bande-annonce (vosta)

Projection 12 février 2026 (Marseille)

Projection en VO sous-titrée français au Videodrome 2 (49 Cours Julien, 13006 Marseille) le 12 février 2026 à 20 h 30 (prix libre, et adhésion à l’association de 8€ lors de la première visite). La séance sera suivie d’une discussion avec Nicolas Pinet, sociologue et enseignant en études japonaises.

Projection vendredi 24 octobre 2025 (Saint-Junien)

Projection le vendredi 24 octobre 2025 à 14 h dans le cadre de la 6e édition du Festival Foutez-nous la Paix ! à la Salle des fêtes de Saint-Junien (Halle aux grains, 2 Place Auguste Roche, 87 200 Saint-Junien). La séance sera suivie d’un débat sur le travail au Japon avec Thierry Ribault (chercheur en sciences sociales), Cécile Asanuma-Brice (chercheuse au CNRS), Philippe Pelletier (géographe), Yukiko Itoh (sociologue) et Dimitri Ianni (chercheur et programmateur cinéma). Débat animé par Marion dos Santos (journaliste) et Daniel Matias (Les Amis du monde diplomatique).

Projection vendredi 22 septembre 2023 (Annecy)

Projection le 22 septembre 2023 à 19 h au Téléphérique (Cinémathèque des pays de Savoie et de l’Ain – 12 bis Route d’Annecy 74290 Veyrier-du-Lac). La séance sera suivie d’une discussion avec Charlotte Lamotte, anthropologue et spécialiste du Japon, enseignante à l’université de Grenoble-Alpes, et Dimitri Ianni.

Projection dimanche 16 avril 2023 (Orléans)

Projection au cinéma Les Carmes le 16 avril 2023 à 11 h (ciné bentō). La projection sera suivie d’un échange avec Aline Henninger, maîtresse de conférences en études japonaises à l’université d’Orléans.

Projection samedi 1er avril 2023 (Lyon)

Le film sera projeté le 1er avril à 11 h au Cinéma Comoedia (13 avenue Berthelot 69007 Lyon). La séance sera suivie d’un échange avec Dimitri Ianni et Nicolas Pinet.

Projection samedi 26 novembre 2022 (Vannes)

La séance aura lieu à 14 h 30 au cinéville Garenne (12bis Rue Alexandre le Pontois, 56000 Vannes). La projection sera suivie d’un échange avec Anne-Lise Mithout, maîtresse de conférences à l’Université Paris Cité.

Projection jeudi 27 octobre 2022 (Genève)

Projection-débat aux cinémas du Grütli (Rue du Général-Dufour 16, 1204 Genève, Suisse. Tél : +41 22 320 78 78).

Projection jeudi 22 septembre 2022 (Vevey)

La projection est organisée par le ciné-club Indiana. Elle aura lieu à l’Espace Indiana (chemin du verger, 101800 Vevey, Suisse) à 19 h.

Projection samedi 27 août 2022 (Lussas)

Une fourmi contre-attaque, de TSUCHIYA Tokachi a été projeté en VOSTFR lors des États généraux du film documentaire qui se sont déroulés du 21 au 27 août à Lussas (Ardèche).
Samedi 27 Août 2022 à 10:00, Salle des fêtes. Billetterie

Projection lundi 16 mai 2022 (Paris)

Lundi 16 mai 2022, la Cinémathèque du documentaire à la Bpi projette dans le cadre de son programme Fenêtre sur festivals les deux documentaires lauréats de l’édition 2021 du festival Fenêtres sur le Japon, Écouter le ciel, de KOMORI Haruka (18 h) et Une fourmi contre-attaque, de TSUCHIYA Tokachi (20 h), qui ont été sous-titrés en français. Les deux projections auront lieu au Cinéma 2 du Centre Pompidou (Place Georges-Pompidou, 75004 Paris).

Catégories
Annecy Fenêtres sur le Japon 2022-2023 Fenêtres sur le Japon 2023-2024 Orléans Paris Prochaines projections Projections

Mon troupeau irradié [被ばく牛と生きる], de MATSUBARA Tamotsu

Projection le 5 mars 2026 (Orléans)

Projection jeudi 5 mars à 18 h 30 au cinéma Les Carmes (7 Rue des Carmes, 45000 Orléans). La séance sera suivie d’une discussion avec Sugie Fumiko, maîtresse de conférences en études japonaise à CY Cergy Paris Université.

Synopsis

Un mois après l’accident nucléaire, une zone d’un rayon de 20 km autour de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi a été désignée zone de vigilance. Deux mois plus tard, le gouvernement japonais a notifié à la préfecture de Fukushima l’ordre d’abattre tout le bétail dans la zone en vue d’empêcher la commercialisation de la viande contaminée par la radioactivité. Les agriculteurs, eux-mêmes évacués par ordre des autorités, n’avaient pas d’autre choix que d’obéir à la politique nationale.

Cependant, certains éleveurs de bovins ont refusé d’accepter la situation et continuent à faire vivre des vaches, quitte à s’exposer eux-mêmes à la radioactivité. Un agriculteur vit toujours dans une zone interdite, un autre se rend à sa ferme tous les deux jours en parcourant 60 km depuis le logement temporaire situé à Nihonmatsu…

Une équipe formée de chercheurs issus de plusieurs universités a également commencé à surveiller les problèmes sanitaires chez les vaches exposées. Le thème de l’étude est l’exposition aux faibles doses d’un grand animal, thème inédit dans le monde entier. Mais les agriculteurs refusant l’abattage des vaches sont devenus une entrave aux yeux du gouvernement. Peu à peu, les difficultés s’accumulant, certains fermiers abandonnent leur lutte. D’autres s’évertuent à faire vivre des vaches dans des territoires contaminés, alors que ce bétail n’a plus de valeur économique.

Avertissement

Ce film contient des images de carcasses d’animaux qui peuvent choquer certaines personnes. Il s’agit d’une réalité, mais le film est déconseillé aux enfants.

Le réalisateur

Réalisateur, producteur et président de la société Power-I, MATSUBARA Tamotsu a 35 ans d’expérience dans le domaine documentaire et médiatique. Il réalise depuis mai 2011 des reportages sur la situation dans le département de Fukushima après le tsunami. Il a commencé à filmer Mon troupeau irradié en 2011. Ce documentaire est l’aboutissement de 5 ans de travail acharné.  L’objectif était de filmer les épreuves quotidiennes des agriculteurs et de les suivre alors qu’ils prennent les décisions qui changeront leur vie en bien ou en mal pour toujours. Son projet actuel, en suspension temporairement à cause de la situation sanitaire mondiale, porte sur les tigres du Bhoutan vivant en haute altitude.

Bande-annonce (vostf)

Projection dimanche 24 septembre 2023 (Annecy)

Projection le 24 septembre 2023 à 16 h 30 au Téléphérique (Cinémathèque des pays de Savoie et de l’Ain – 12 bis Route d’Annecy 74290 Veyrier-du-Lac). La projection sera suivie d’une discussion avec Kurumi Sugita, anthropologue et chercheuse retraitée du CNRS, et Sonia Marmottant, de l’association Nos Voisins lointains 3.11.

Projection mardi 29 novembre 2022 (Paris)

Mon troupeau irradié : témoignages d’éleveurs de vaches de Fukushima [被ばく牛と生きる Hibaku ushi to ikiru] de MATSUBARA Tamotsu (2016, 104 minutes, VO sous-titré en français) sera projeté au Forum des images le 29 novembre 2022 à 18 h 30. La projection sera suivie d’un échange avec Kurumi Sugita, de l’association Nos Voisins lointains 3.11 et Yūki Takahata, de l’association Yosomono-net France.